Illusions are forever aussi

Bon, ce gala, donc.

Une fois surmontées les vicissitudes de la SNCF, la taille de mes cernes et le retard de ma BFF de promo (« Mais je joue au Monopoly avec mon frère ! »), j’ai pris un Taxi-Papa (tout à fait volontaire et consentant, je tiens à le préciser) pour rejoindre le lieu des festivités, qui était accessoirement le lieu de mon premier gala hôtelier (tout ceci ne nous rajeunit pas), une sorte de boucle bouclée (en même temps, difficile d’avoir une boucle lissée) (pouinpouinpouinpouiiiiiiiiiiiiiin).

En arrivant (juste derrière la voiture de ma copine, qui elle avait pris un Taxi-Frangin), j’ai écrasé une larme d’émotion retrouvé des gens avec lesquels j’étais en première année, dont une copine qui m’a dit « Holala, mais t’as sorti la robe de gala ! ».

Hmmm.

Oui.

Puisqu’on est à un gala.

Là j’ai tapé la bise à mon ancien prof de gestion, on a un peu discuté sans même avoir eu le temps de faire un crochet par le bar (😭) ; après, on s’est fait harponner par les actuels dernière année, qui ont tous dit que haaaan Anna t’es venuuuuue c’est géniaaaaaaal, aloooors t’es toujours à Pariiiiiiiiis ?

Genre euh, en dernière année j’ai raté deux mois de cours tu t’en es pas rendu compte, tu m’as pas calculée de l’année et maintenant on est potes ?

(Parfois j’oublie la concentration de lèche-cul dans ce BTS)

(La Désagréabilitay la première, d’ailleurs)

Lire la suite

Diamonds are forever

Il y a quelques semaines, Chonchon m’a tendu le calumet de la paix en me proposant de venir au gala de fin d’année de son école (qui est accessoirement celle dont j’ai été diplômée l’an dernier) ; comme je suis une adulte raisonnable, j’ai dit « Pourquoi pas » en attendant d’examiner les finances, mais comme je suis aussi une grande sœur gâteau, j’ai dit « OK je viens » moins de dix secondes après et j’ai commencé à rameuter les copines.

Cette année, le thème est donc Diamonds are forever ; j’ai envisagé de porter un smoking (avec peut-être un peu de paillettes) parce que pourquoi pas, après tout ? Mais en fait j’avais trop envie de sauter sur l’occasion de pouvoir porter une merveille de robe qui dort dans mon placard depuis quelques mois, donc j’ai cherché à partir de cet élément.
La robe en question étant d’un vert assez foncé, je me suis laissée tenter par l’idée de porter des accessoires sombres – diamant noir plutôt que blanc, l’idée étant d’avoir une tenue que pourrait porter une ennemie de James Bond (mais le genre d’ennemie qui ne se laisserait pas séduire par un vodka martini et deux oeillades), avec un côté « Venomous Villain », vous voyez ?

Lire la suite

Tarte au citron et pigeon en détresse

Avec ma binôme, on aime bien tester des salons de thé le week-end – parce qu’il faut dire ce qui est, on s’est sévèrement embourgeoisées. Je vous ai déjà raconté comment on s’est rencontrées ? Non ?

Bon.

On avait toutes les deux dix-huit ans, et c’était dans la salle d’attente du centre médical de garnison du régiment dont on allait intégrer l’unité de réserve.

On s’est regardées du coin de l’oeil une bonne partie de l’après-midi, pensant « Non mais ils sont allés la chercher où, une baba cool pareille ? Elle tiendra pas deux jours » (moi), et « Nan mais ils sont allés la chercher où, cette boubourge de base ? Elle tiendra pas deux jours » (elle) ; je vous fais une avance rapide, on ne s’est pas quittées depuis bientôt dix ans, et même pendant les deux ans où on s’était un peu brouillées, on n’a pas réussi à perdre complètement contact.

Bref.

Donc, les salons de thé.

Ce week-end, on a testé Rose Bakery, sur la foi de sa présence sur la carte des meilleurs Tea time parisiens de La Thé Box, et malgré les avis négatifs trouvés un peu partout (on est comme ça, nous : on a rampé ensemble dans la forêt, on ne se laisse pas décourager par quelques avis TripAdvisor).

Bon point : c’était ouvert le dimanche de Pâques (c’est un peu moins sacré ici que dans l’Est donc plus de commerces sont ouverts, mais tout de même).

Lire la suite

– 362 –

Mercredi dernier, je travaillais innocemment comme une employée modèle (disons, comme une employée modèle ayant résisté à chaque envie de meurtre de son patron), traitant les 104 mails non lus arrivés durant les deux pauvres jours de congés que j’ai eu l’audace de poser, quand j’ai pris l’appel d’un numéro qui ne me disait pas grand chose (c’est un événement assez rare pour être souligné – pas que j’aie une armada d’assistants tous plus efficaces les uns que les autres qui prennent mes appels et me facilitent le travail, non ; c’est juste que peu de personnes extérieures au groupe ont le numéro du bureau).

Et là, je tombe sur un mec a priori dopé à autre chose que du Nesquick, qui demande à parler à Dorothée ; sauf que Dorothée, béni soit le Seigneur et tous les saints de la création, ne travaille plus chez nous depuis fin septembre (heureusement parce que vu le merdier qu’elle m’a laissé en partant …). Bref donc j’explique tout ça au mec, qui me dit tout tranquillement :

« Ah bon ? Aaaah non je déteste quand un employé quitte une entreprise vous savez, ça me perturbe ! »

Ah.

D’accord.

Bon.

(Faut le dire si ça le fait chier de me parler, hein)

Lire la suite

Chabadabada, chabadabada

Quand Grédéric m’a rejointe à Paris l’an dernier, à l’origine c’était juste pour qu’on habite enfin dans la même ville et qu’on ne soit plus dans une relation à distance ; on s’était dit qu’on prendrait un rythme de quelques nuits par semaine ensemble, et le reste du temps chacun de notre côté, histoire d’avoir quand même chacun notre vie parce que bon, on n’allait quand même pas devenir ce coupe ultra chiant qui fait tout ensemble et tout et tout..

Bon en fin de compte on a pris un rythme de sept nuits par semaine au bout de deux mois (quand j’ai arrêté de travailler de nuit et que je suis revenue pour mon boulot actuel), et j’ai fini par accepter qu’on partage mon loyer après encore deux mois (bonjour c’est moi qui criais partout que je voulais être indépendante et rester chez moi sans personne dans les pattes) (le truc quand on est ridicule, c’est de garder l’air naturel).

Du coup on a découvert les joies de la vie à deux – pour ma part, je me suis lancée à corps perdu dans le combat de l’abattant des toilettes : Grédéric a bien essayé de me faire croire qu’il oublie de le baisser parce qu’il a passé des années en bâtiment militaire SANS abattant, mais hey s’il pense à le lever avant de faire ce qu’il a à faire, je pense qu’il peut bien penser à le baisser après.

Non ?

Si, hein.

Voilà.

De son côté, Grédéric a pu prendre conscience de l’incroyable amour que j’éprouve pour la télé poubelle et les youtubeuses avides de reconnaissance et de gloire, surtout quand je tricote. Ma préférée, c’est une Belge dont les dents rayent le parquet, un peu plouque – tenez, la dernière fois elle parlait d’un produit pour les cheveux que la marque a nommé « Godiva », et je me délecte encore de son expression d’incompréhension méprisante devant l’idée de ce nom, qui, je cite, « n’a pourtant rien à voir avec le chocolat ».

(C’est mon côté Professeur Higgins)

Lire la suite