Boulot, boulot, boulot

Halala les gens, mon patron m’en a encore fait de belles dernièrement : en ce moment il bosse sur plein de projets, il court tout plein de lièvres à la fois, il est au taquet (lire : insupportable), mais du genre : au taquet enthousiaste, vous voyez. Limite il passe devant un resto à moitié vide il se demande s’il ne va pas le racheter, si un magasin est bien situé mais pas très attractif il est à deux doigts de rentrer pour proposer ses services pour redynamiser tout ça – cela dit, c’est nettement moins fatigant que quand il est au taquet de mauvaise humeur, parce qu’en général il faut justifier chaque dépense, chaque action, et tout est trop cher, et holala qu’est-ce que ça lui coûter cher nos salaires, pffff franchement on ne s’en sortira jamais.

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Bref.

Donc là, il me parle régulièrement de ses projets, il se projette dans l’avenir – en soi c’est très bien et je n’ai rien contre, hein : mais on dirait bien qu’il se projette avec moi.

Genre « Oui donc tu vois, dorénavant chaque mois d’avril il faudra que tu penses à faire ça, d’ailleurs note-le toi peut-être pour l’année prochaine » alors que sérieusement, si l’année prochaine je suis encore là, c’est juste parce que j’aurai raté ma défenestration (mon bureau est au rez-de-chaussée) (et le plafond est trop bas pour être exploitable).

Non parce que là vous voyez, je travaille avec :

  • un manager dont le téléphone est HS – remarquez que ça ne bouleverse pas mes habitudes, vu que 9 fois sur 10 il ne décroche pas quand on l’appelle et ne répond pas aux messages (ni aux mails) ;
  • un manager qui n’ouvre pas le courrier qui arrive dans son resto et qui met deux mois à me le transmettre (DEUX MOIS) ;
  • un autre manager qui perd des caisses (et qui OSE m’accuser de les avoir perdues) (il veut mourir, lui) ;
  • une collègue qui m’envoie des mails désagréables parce que je n’ai pas répondu à un mail qu’elle ne m’a jamais envoyé ;
  • une collègue qui m’appelle « juste comme ça pour discuter » ;

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(PARCE QUE EVIDEMMENT J’AI RIEN D’AUTRE A FAIRE QUE DE T’ECOUTER ME RACONTER TA VIE), et encore deux trois conneries, que je n’énumérerai pas ici parce que je surveille ma tension.

Donc bon, 2018, laissez-moi rigoler – cela dit, rien n’arrête mon patron, puisqu’il m’a même parlé de 2022.

(Deux mille vingt-deux)

(C’est tellement loin que j’arrive même pas à fournir l’effort mental pour calculer mon âge à ce moment-là)

(Même les acteurs des Feux de l’amour seront tous morts d’ici là)

Bref donc je suis déjà un peu tendue du lundi au vendredi, mais là en plus mon patron en rajoute une couche à peu près chaque jour que Dieu fait, comme cette semaine quand je lui parlais d’un dossier pour lequel on est en litige avec le fournisseur :

– … et donc dans le courrier j’ai mis qu’ils ont une obligation de résultat mais qu’ils ne l’ont pas respectée donc il se sont mis en tort, et peut-être qu’on pourrait rajouter qu’on se prévaut de l’exception d’inexécution vu qu’ils nous demandent de payer un service qui n’a pas été fourni.
– Nan mais ne mets pas de termes juridiques, t’es pas avocate donc peut-être que tu te trompes de mot, tu vois ? T’es pas avocate, alors pas de termes juridiques, tu t’en tiens juste aux faits.

(Ca va, je crois que j’ai pigé)

En plus il est persuadé d’être quelqu’un de super carré, rigoureux et tout, alors que : NON.

(Ca me rappelle mon père, tiens : persuadé d’être ultra organisé et rigoureux mais bordélique comme pas deux, tout ça parce que rien ne traîne sur son bureau et que tout est fourré en vrac dans les tiroirs fermés) (ah bah tiens, un peu comme Grédéric aussi … Je suis pas dans la merde, tiens)

Bref donc dans mon travail, une de mes activités principales c’est d’écouter mon patron, lui demander des précisions parce que je ne comprends pas ce qu’il veut dire, et me faire engueuler parce que je ne pige pas tout du premier coup, comme la fois où il m’a demandé « les originaux de la voiture ».

Hmmmm.

Bon.

– Quels originaux, de quelle voiture ?
– Ben les originaux de la voiture !
– Mais QUELLE VOITURE ?
– Mais celle que j’ai à Biarritz !
– Vous en avez deux, là-bas.
– …
– La Kia ou la Chevrolet ?
– La Chevrolet.
– Bon. Et vous voulez les originaux de quoi ?
– LÉ-ZO-RI-GI-NO !
– Ca j’ai compris, mais de la facture d’achat, du dernier contrôle technique, de l’acte d’achat ?
– Ben non ! La carte grise !
– Non ça j’ai pas.
– *ouvre son portefeuille* Ah non c’est moi qui l’ai.

Bon sur ce, je m’en vais demander à Grédéric où sont les originaux de mes chaussures, et qu’il ne s’avise pas de me demander quels originaux de quelles chaussures, parce que c’est EVIDENT.

Une histoire d’hôpital et de charité

(Mais je ne sais pas trop qui est qui)

Bon.

Ce midi, je déjeunais benoîtement au bureau – parce que OUI, maintenant je prends des pauses déjeuner, c’est vraiment de la folie et je ne me refuse plus rien (sauf cette adorable petite paire de chaussures à -50%, tout ça parce que j’ai promis à Grédéric de ne rien acheter avant les soldes, mais c’est un autre sujet), donc je disais que je déjeunais au bureau, quand le téléphone dudit bureau a sonné.

Maintenant je ne réponds plus au téléphone pendant que je déjeune, mais comme c’était une collègue que je devais aller voir dans l’après-midi, j’ai décroché parce que bon, sait-on jamais, voilà.

– Je te dérange ?
– Je suis en train de manger mais pas grave, dis-moi ?
– Nan je t’appelais juste pour savoir si tu passes touj … RAH PUTAIN, j’ai encore un appel, j’en ai tellement marre des gens qui appellent à l’heure du déjeuner !

– A qui le dis-tu, hein, haha, je pourrais en dire autant !
– Ah bah ouais j’imagine, mais franchement c’est chiant les gens qui t’appellent entre midi et deux, tu trouves pas ?

Ah si.

Si si.

Impasse des cassos

Dites donc il m’en est encore arrivé de belles au travail, rien que cette semaine il y a eu une panne informatique à la Poste, du coup la révolte a grondé parmi les clients, certains se sont même exclamés « ah bah mon vieux, bravo la Poste ! », c’est vous dire si la situation était délicate.

Il y a bien sûr eu une dame qui a bousculé tout le monde pour passer en disant que son taxi l’attendait et qu’elle devait aller à la clinique et qu’elle voulait donc passer en priorité, alors que BON, personnellement je devais ensuite aller acheter un sandwich, mais je n’ai embêté personne avec ça.

Remarquez j’aurais peut-être dû, parce que quand je suis arrivée au U Express il n’y avait plus de sandwich cheddar-jambon, et j’ai du me rabattre sur un jambon cru-emmental, ce qui n’est pas du tout pareil.

Enfin ç’aurait pu être pire, j’aurais pu militer au FN, je n’aurais quand même pas eu mon sandwich et je n’aurais même pas pu dire que c’est la faute des arabes et des musulmans et des migrants et salaud de Macron (ah ça si c’est bon, c’est le capitalisme qui n’a pas su s’adapter à ma demande, OUF).

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Ma semaine en bref -5-

C’est le retour des semaines de la lose ! Ca faisait longtemps, n’est-ce pas ?

OK, ça faisait surtout longtemps que j’étais trop désespérée pour en rire mais la perspective de beaucoup d’alcool gratuit ce soir m’a mise en jambes pour relativiser (de l’intérêt d’être dans la restauration) (et de faire les payes, surtout, ne nous voilons pas la face)

Bref, lundi : la semaine et la journée commencent avec mon patron qui passe au-dessus de mon pot à stylo pour emprunter celui que j’ai dans les mains …

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Notez que je ne cherche plus à comprendre et que je ne hausse même plus les sourcils, j’approche la trentaine alors je ne rigole plus avec les expressions faciales susceptibles de me rider prématurément – et croyez-moi, avec mon entourage professionnel le risque est réel.

La journée continue avec un appel de ma copine Josy de la compta qui me pose une question, dont la réponse est dans sa boîte mail depuis le 3 janvier précisément. Mais bon.

Mardi
Je demande à la stagiaire (qui se tourne les pouces) de remplir les formulaires de notes de frais ; je lui montre comment on fait, où sont rangées les trames vierges sur  l’ordinateur quand elle me demande :

– Mais le logiciel que tu utilises pour faire les notes de frais, il est sur ton ordinateur ?
– Bah euuuuh ouiiiii …
– Ah mais du coup je peux pas les faire sur mon ordinateur, j’ai pas ce logiciel.
– Beeeen c’est Excel donc normalement tous les ordis sont équipéééééés …
– Ah c’est Excel ? Ah parce que je ne le maîtrise pas du tout, je l’ai même pas reconnu quand tu l’as ouvert pour me montrer.

omg dead ewan mcgregor renee zellweger dying

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-354-

Pfiou je me suis encore faite rare par ici, mais vous comprenez j’occupe un emploi pas fictif donc forcément, c’est plus compliqué d’écrire des articles qui ne me rapportent rien, alors même que je suis diplômée en littérature (j’ai un bac L) (mention assez bien) (de quoi négocier une substantielle augmentation).

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Bref en parlant de boulot, mon patron est hélas au top de sa forme en ce moment – et malheureusement aussi au top de son stress (ne me demandez pas pourquoi parce que je n’en sais rien, j’imagine qu’il hésite sur la couleur des appuie-tête de sa prochaine voiture).

De base, mon patron c’est le type qui me demande trois fois par mois à quoi correspond le prélèvement « de la dernière fois », qui correspond soit :
– à la mensualité de ses impôts
– ou à une échéance de son crédit
– ou à une dépense d’ordre privé, dont je ne sais a priori rien du tout.

Bien sûr, quand il s’agit de ses impôts il me répond systématiquement « Attends mais je paye TOUT CA ? » (oui) (apparemment pour lui les impôts c’est un Kinder Surprise mensuel) (sans déconner, il devient communiste à chaque fois qu’il paye ses impôts – mais je vous rassure, le reste du temps il est bien capitaliste).

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