La magie du rangement (ou pas)

Alors alors, il est possible que j’aie évoqué le sujet dont je voudrais vous parler aujourd’hui ; à vrai dire je ne sais plus très bien. Mais il faut regarder les choses en face, et appeler un chat un chat : je suis pathologiquement bordélique.

Genre, vraiment.

Genre la dernière fois, une copine devait venir préparer un exposé, j’ai pris une heure pour vraiment ranger ma chambre tellement j’avais honte du bordel qui régnait partout.

Après j’étais super fière de moi, et puis les cours ont repris et j’ai encore été malade, et le bordel a tout recolonisé, et j’ai pu reprendre à peu près de zéro, j’étais ra-vie, vous n’avez pas idée.

(Bon clairement, je ne serai jamais une personne maniaque (au grand désespoir de Grédéric), et je n’atteindrai jamais le niveau de ma cousine, qui attendait ses invités à la porte des WC pour essuyer les traces de doigt sur la chasse d’eau)

(Mais je ne pense pas arriver non plus au niveau de la marraine de mon frère qui a une fois trouvé la porte de son appartement fracturée ; elle a donc appelé la police, et quand les flics sont arrivés ils ont dit « Oh cong, ils vous ont mis un sacré bordel, hé », et elle a pas osé leur dire qu’en fait, c’était son bordel à elle et que les pauvres cambrioleurs n’y étaient pour rien)

(Fin de l’aparté)

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Lu récemment -3-

Les quinze premières vies d’Harry August, Claire North
Harry August fait partie de ces gens qui, une fois morts, renaissent exactement au même endroit et à la même date que la toute première fois toute toute première fois, avec tous ses souvenirs et connaissances acquis lors des précédentes vies. Evidemment, au bout de quelques vies on lui fait passer le message qu’il y a une embrouille quelque part dans le monde, à savoir que « les gens comme lui » disparaissent peu à peu, et que le monde qu’il connaît n’existera bientôt plus.
Franchement, la non-fan de science fiction que je suis a totalement accroché ; c’est remarquablement bien écrit (pour la petite histoire, Armalite était aux commandes de la traduction), même si j’ai regretté que le début du récit n’explique pas plus la terminologie utilisée (enfin ça va, on s’en sort assez rapidement). En bref, je recommande ! (D’ailleurs je l’ai prêté à Grédéric, depuis qu’il l’a commencé il oublie d’être mon esclave quand il lit)

Le Ver à Soie, Robert Galbraith (JK Rowling)
Deuxième aventure du détective Cormoran Strike et de son assistante Robin, qui m’a autant emballée que le premier opus. Même si j’avais fini par pressentir l’identité du tueur (à 50 pages de la fin, on peut se dire qu’il ne reste plus grand monde), son identification et son mobile ont tout de même réussi à me surprendre. Rien à redire, et le développement des relations humaines entre les personnages est un joli plus.

Les heures lointaines, Kate Morton
En gros, une fille découvre par hasard que sa mère a été évacuée de Londres pendant le Blitz, et se met à fouiller pour en savoir plus (en vraiment très, très gros). Franchement c’est pas mal, mais par moments ça traîne en longueur. Mais c’est pas mal. (Mais ça traîne en longueur. Mais c’est pas mal. Mais ça … Bon, OK, j’arrête).

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Lu récemment -2-

La Conjuration des Imbéciles, JK Toole
En gros, c’est comme un épisode de Confessions Intimes (thème : j’ai raté ma vie et mon fils aussi, surtout lui d’ailleurs) sur 500 pages. On m’a dit que c’était un roman génial plein d’anti-héros et tout, alors autant l’anti-héros je l’ai vu sans souci (un type qui rote toutes les trois pages, c’est effectivement loin de James Bond), autant le côté génial … Non, vraiment, Confessions Intimes c’est vachement plus marrant.

La vérité sur l’affaire Harry Québert, Joël Dicker
(Oui, enfin) Donc, pour ceux qui auraient oublié ce qui a été publié depuis 2012 : c’est l’histoire d’un écrivain qui écrit un livre (OK) sur le bouquin qu’il a écrit à propos d’un autre écrivain qui a écrit un livre (oui). Résultat : franchement bon, beaucoup de suspense malgré quelques retournements de situation un peu WTF, MAIS ON S’EN FOUT ON VEUT CONNAÎTRE LA SUITE. Pas parfait-parfait, mais ça vaut le détour.

Le patient anglais, Michel Ondaatje
En deux quatre mots : regardez plutôt le film.

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles, Suzanne Hayes et Loretta Nyhan
L’histoire de deux Américaines, qui correspondent tandis que leurs maris respectifs sont partis faire la guerre (la sempiternelle histoire des méchants nazis, tout ça tout ça). Un chouette livre, remuant, poignant, tout ce que vous voulez, mais à mon goût un poil trop inspiré du Cercle littéraire des amateurs de McDo d’épluchures de patates.

Lu récemment

La Panthère, Stéphanie des Horts
Le sujet est passionnant – la vie de Jeanne Toussaint, ex-horizontale et joaillière pour Cartier, qui fit de la panthère (son surnom) l’emblème de la maison ; mais alors le style de l’auteur est effarant, et plus ampoulé que mes pieds. Et c’est pas peu dire. La couverture est jolie, mais c’est mauvais.

Passé imparfait, Julian Fellowes
Moi forcément, on me dit que M. Downton Abbey a écrit un bouquin, je ne réfléchis pas très longtemps avant de foncer. In fine c’est un chouette bouquin, peut-être pas le meilleur que j’aurai lu en 2015, mais un achat que je ne regrette pas. (Ah, vous voulez peut-être connaître l’histoire ? Le narrateur est contacté après 40 ans par un ancien copain, qui le charge de retrouver la mère de son enfant, à qui il veut léguer sa fortune, du coup hop allers et retours entre le passé et le présent.) (Spoiler alert : la mère n’est pas la mienne, et l’enfant n’est hélas pas moi. Mais je vous conseille quand même le bouquin)

Beignets de tomates vertes, Fannie Flagg
Clairement, ce bouquin figurera dans mon top 3 de l’année. C’est l’histoire d’une bonne femme entre deux âges qui s’emmerde pas mal quand elle rend visite à sa belle-mère en maison de retraite, mais qui finit par faire connaissance avec l’une des pensionnaires, qui se met à lui raconter sa vie. Et, bon : c’est juste merveilleusement écrit (ou au moins traduit), et à la fin on a juste envie de faire le tour des maisons de retraite pour se trouver une petite mamie qui nous insufflera la même pêche qu’à Madame-entre-deux-âges.

Bernadette a disparu, Maria Semple
Egalement dans le top 3 des lectures de 2015 ; pour moi, le seul défaut de ce bouquin, c’est que l’héroïne n’aime pas Horta. (Pourquoi ? POUUURRRRQUOIIIIII ?) Si on passe outre cette incroyable tare congénitale ce petit détail, ce livre est un petit bijou – grosso modo, une architecte géniale et *un poil* cinglée, coincée dans le monde des Desperate Housewives, et qui refuse de se conformer à ce que l’on attend d’elle.

Kate Mosse, Sépulcre
Hum. À la base ça avait l’air cool, cette histoire d’étudiante attardée qui part en France pour ses recherches sur Debussy et aussi un peu pour en savoir plus sur sa famille, tout en ayant en parallèle l’histoire de ladite famille au XIXe siècle. Sauf que bon, en vrai je me suis un peu ennuyée, c’était parfois longuet et à la troisième nana qui a senti la sueur couler entre ses seins à la vue de tel bellâtre, ça m’a franchement gavée. (Bon, c’était pas si affreux que ça, mais j’ai vu mieux)

Miss Carter’s War, Sheila Hancock
Je vous la fais courte : on est en 1948, Marguerite est une vache sans prisonnier a perdu ses parents et plein de gens qu’elle aime pendant la guerre, elle était dans le SOE et maintenant c’est une prof formidable et adorée de tous, et elle met genre 50 ans à retrouver l’homme de sa vie, parce qu’elle est un peu beubeu grâce à son super meilleur ami gay qui se suicide parce qu’il est séropositif, halala que c’est triste, dire qu’ils avaient regardé le couronnement d’Elizabeth II ensemble à la télé. Bon c’est pas le pire bouquin de l’histoire, y’a de l’évolution de société et tout ça tout ça, mais la couverture est franchement mieux que le contenu.

Une place à prendre ☕ JK Rowling

CVT_Une-place-a-prendre_1670Résumé : Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre …

Oui oui, c’est bien le résumé disponible en quatrième de couverture. (Avec trois lignes de critiques et l’avis de Michèle Fitoussi – une parente du pas dégueu Grégory Fitoussi, peut-être ? Pardon, je m’égare.)

Et en fait, comment vous dire ? Le résumé en deux lignes est parfait pour les presque 800 pages de roman : c’est l’histoire d’un notable qui meurt (quatre pages) et de gens qui veulent récupérer son siège au Conseil de la paroisse (776 pages).

Cela dit, le roman en lui-même est loin d’être ennuyeux : les personnages sont complexes et plus ou moins gentiment brocardés (pour une fois, une référence à Jane Austen au dos de la couverture ne m’aurait pas parue abusive), l’écriture agréable.

Seul bémol, la fin trop mélodramatique à mon goût. Je n’en dis pas plus pour ne pas tout dévoiler (sérieusement, suis-je la seule à adorer connaître la fin de l’histoire avant d’avoir commencé à la lire ?), mais franchement, l’auteur aurait pu abréger quelque peu le dénouement, et ne pas autant dramatiser les choses. Ca donne un petit goût d’irréalisme à l’ensemble – j’imagine que c’est une façon de pousser l’idée de l’effet papillon jusqu’à l’extrême (l’absurde ?), mais tout de même …

En bref, ce fut une lecture agréable, malheureusement décevante pendant les, disons, 70 dernières pages.