Tarte au citron et pigeon en détresse

Avec ma binôme, on aime bien tester des salons de thé le week-end – parce qu’il faut dire ce qui est, on s’est sévèrement embourgeoisées. Je vous ai déjà raconté comment on s’est rencontrées ? Non ?

Bon.

On avait toutes les deux dix-huit ans, et c’était dans la salle d’attente du centre médical de garnison du régiment dont on allait intégrer l’unité de réserve.

On s’est regardées du coin de l’oeil une bonne partie de l’après-midi, pensant « Non mais ils sont allés la chercher où, une baba cool pareille ? Elle tiendra pas deux jours » (moi), et « Nan mais ils sont allés la chercher où, cette boubourge de base ? Elle tiendra pas deux jours » (elle) ; je vous fais une avance rapide, on ne s’est pas quittées depuis bientôt dix ans, et même pendant les deux ans où on s’était un peu brouillées, on n’a pas réussi à perdre complètement contact.

Bref.

Donc, les salons de thé.

Ce week-end, on a testé Rose Bakery, sur la foi de sa présence sur la carte des meilleurs Tea time parisiens de La Thé Box, et malgré les avis négatifs trouvés un peu partout (on est comme ça, nous : on a rampé ensemble dans la forêt, on ne se laisse pas décourager par quelques avis TripAdvisor).

Bon point : c’était ouvert le dimanche de Pâques (c’est un peu moins sacré ici que dans l’Est donc plus de commerces sont ouverts, mais tout de même).

On a toutes les deux commandé un thé au jasmin et une tartelette au citron – d’abord annoncée comme épuisée (sans qu’on ait été prévenues ni que ce soit annoncé sur la carte), mais finalement la serveuse nous en a dégotté deux, et nous les a gentiment proposées puis servies.En guest : les tâches d’eau faites quand j’ai fait le service de l’eau (au cas où on se demanderait encore pourquoi j’ai été réceptionniste et pas serveuse)

C’est là qu’est apparu le premier couac : on a attendu pour entamer nos tartelettes, mais nos thés ne nous ont été apportés qu’une fois qu’on les avait presque finies. Rien de grave, on n’est pas dans un cinq étoiles ni un gastro, mais ça me chiffonne quand même. Sans compter que la meringue était un peu caoutchouteuse et la tartelette pour le moins … lourde et bourrative ; heureusement qu’on avait la carafe d’eau pour tout faire passer en attendant nos thés.

(Embourgeoisées, je vous dis)

Côté décor, on était assises pile à la table dressée :

(c) Rose Bakery

Donc a priori le décor est sympa, sauf qu’en vrai c’était beaucoup moins lumineux, et que le dossier des chaises est tellement bas qu’il est pratiquement impossible de s’y appuyer, sauf à risque de s’étaler.

Le thé était bon mais pas exceptionnel – enfin si, exceptionnellement diurétique, si vous voyez ce que je veux dire. Servi avec un seul sucre – ennuyeux quand la théière permet de se servir deux tasses, dans un sachet à thé torsadé (et un peu moche, soyons honnête), à poser dans son assiette ou sur la sous-tasse quand l’infusion est terminée, donc pas très pratique à mon goût.

(Rien de pire qu’une bourgeoise fraîchement diplômée d’une école hôtelière, c’est moi qui vous le dis)

Bref, on a payé et on est parties (12€ par personne, pour un quatre heures qui m’a calée jusqu’à plus de 21 heures ça vaaaaa), sauf qu’à la sortie ma binôme a avisé un mini chantier et un pigeon qui avait du mal à se déplacer (abus de tarte au citron, peut-être ?).

Du coup ni une ni deux, elle est allée acheter sa baguette à la boulangerie en face, a demandé un sachet en papier, m’a donné son sac à main à porter, a bougé les barrières du chantier d’une main experte (elle y a travaillé quelques années), a chopé le pigeon, et l’a fourré dans le sac en papier que je maintenais ouvert, et hop.

Le temps d’arriver au métro, j’avais baptisé le pigeon Bébert et fermé le sac avec deux épingles à cheveux (et piaillé comme pas permis quand j’ai tenu le sac l’espace de cinq secondes et que Bébert s’y est furieusement agité).

L’aventure s’est arrêtée là pour moi (beaucoup trop envie de faire pipi pour continuer), mais je suis ravie de vous annoncer que Bébert a été déposé à l’école vétérinaire de Maisons Alfort par ma binôme, et qu’il a été pris en charge, malgré l’ingratitude dont il a fait preuve à notre égard – pas un roucoulement, pas un dernier petit sourire au moment de la séparation.

Hasta la vista, Beberlito !

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7 réflexions sur “Tarte au citron et pigeon en détresse

    • mon mari à ses diplômes de salle et de cuisine du coup pfff l’autre jour on a mis 3 h a manger, je te dis pas le commentaire tripa, car il a eu le temps d’examiner tout en détail même les soucis des tables voisines.

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