La Bayadère

Juste après avoir traîné Grédéric à une représentation du Lac des Cygnes, j’ai décidé de jouer la survie de notre couple à pile ou face en prenant des billets pour La Bayadère (même pas peur).

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A ma décharge, il y avait des affiches divinement tentantes partout dans le métro, une offre sur Vente Privée.com – en plus ma boîte a des contrats avec VP, donc franchement tout ce que j’ai fait, c’est me sacrifier sur l’autel du business.

(Si si)

(Je vous assure)

Bon, j’ai quand même hésité parce que je n’avais jamais réellement entendu parler de l’Opéra National de Russie avant – je veux dire, le Bolchoï, le Mariinsky oui, bien sûr ; mais « l’Opéra National », sur lequel Google n’a même pas pu réellement me renseigner ? J’avais peur que ce ne soit qu’une de ces compagnies privées russes, autoproclamées nationales et réputées, dont les prestations sont pour le moins inégales.

(Problème de riche, je vous l’accorde)

(Imaginez ce que ce sera quand j’aurai eu une augmentation)

Bref, le grand soir a fini par arriver (ou est arrivé trop tôt, selon le point de vue), et après un repas dans notre restaurant traditionnel pour les soirées en amoureux (le Burger King) (mangé tiède parce que j’étais en retard à cause du boulot), nous avons sauté dans un taxi coopératif (on a pris le métro) pour rejoindre le Palais des Congrès.

Comme La Bayadère n’est pas un ballet ultra connu en Occident – il faut dire qu’il est arrivé chez nous il y a quelques décennies seulement -, je vous ai fait un petit résumé de l’argument tel qu’il a été chorégraphié par Marius Petipa (et mis en musique par Minkus) :

Nikiya est une bayadère – celle du titre, donc -, une servante ou danseuse sacrée selon les traductions ; elle est amoureuse de Solor, un valeureux (évidemment) guerrier, qui l’aime également. Ils se sont juré un amour éternel, mais leur amour est contrarié par le Rajah, qui veut voir sa fille Gamzatti épouser Solor. Celui-ci refuse bien sûr, mais est contraint au mariage par le Rajah ; ne sachant rien de tout cela, Nikiya accepte de danser lors de la célébration des fiançailles.
Mais le grand brahmane est également amoureux de Nikiya (qui ne sait toujours pas qu’elle s’est faite manipuler*), et décide de tout raconter au Rajah, dans l’espoir que Solor disparaisse. Manque de chance, c’est la bayadère que le Rajah décide de faire disparaître. Gamzatti ayant des oreilles qui traînent**, convoque Nikiya au palais, dans l’espoir de réussir à la soudoyer pour qu’elle abandonne Solor, et sauve sa propre vie par la même occasion. C’est un échec, Nikiya en vient à vouloir tuer Gamzatti – mais elle est arrêtée à temps par une servante ; elle s’enfuit du palais, pendant que Gamzatti jure à son tour de la voir morte. (Fin de l’acte I)

L’acte II s’ouvre sur la célébration des fiançailles, lors de laquelle Nikiya avait accepté de danser ; sa danse est triste, mais devient joyeuse lorsqu’un panier de fleurs lui est apporté, croyant que ce panier vient de Solor qui veut se faire pardonner. En réalité, le panier a été envoyé par le Rajah et sa fille, et les fleurs cachent un serpent venimeux, qui finit par mordre Nikiya. Elle s’effondre, quand intervient le grand brahmane : il offre l’antidote à Nikiya, qui le refuse et préfère mourir que de vivre sans l’homme qu’elle aime.

Vient ensuite l’acte III, qui s’ouvre sur Solor fumant de l’opium pour oublier sa douleur. Ses rêves le transportent au royaume des Ombres, où il retrouve le fantôme Nikiya et les ombres d’autres bayadères.

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Les deux amoureux se réconcilient mais, lorsque Solor se réveille, il s’aperçoit qu’il est au beau milieu des préparatifs de son mariage avec Gamzatti. Désespéré, il se rend à son mariage, sans pouvoir oublier sa bayadère ; mais lors de la bénédiction des époux, les dieux hindous décident de se venger de la mort de leur danseuse sacrée, et détruisent le temple où a lieu la cérémonie, ensevelissant ses occupants***. Quelques temps après, les fantômes de Nikiya et de Solor se retrouvent au royaume des Ombres, et sont emportés vers le nirvana.

*Bollywood n’a franchement inventé
**On croirait notre stagiaire qui se mêle de tout, et surtout de ce qui ne la regarde pas
***Hélas, le grand finale apocalyptique a été abandonné lors de la première Guerre Mondiale, en raison de l’importance des moyens qu’il nécessite, et il n’a pas non plus été joué dans cette version

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Et l’Opéra National de Russie, dans tout ça ?

Le corps de ballet m’a semblé présenter quelques faiblesses, surtout dans le placement, ce qui a malheureusement cassé la symétrie de certains tableaux, notamment l’arrivée des Ombres. Mais les rôles principaux ont été magistralement interprétés – il faut dire qu’il y avait un soliste du Mariinsky (Ernest Latypov), une étoile de Kiev (Natalia Matsak), et une première danseuse du Mikhaïlovksy (Ekaterina Borchenko) – si ça vous semble du chinois, c’est franchement engageant et promesse de qualité.

En ce qui concerne les décors, je n’ai rien à dire : clairement, j’ai été transportée en Inde l’espace de quelques heures – j’ai un peu moins compris le décor du royaume des Ombres qui ressemblait plus à un palais russe, mais c’est vraiment pour pinailler. Et les costumes ! Colorés, chatoyants, virevoltants … J’ai adoré.

La chorégraphie m’a aussi bien plu (et surtout la variation de l’idole dorée, représentée sur l’affiche), avec ce mélange de classique et de danse indienne sans tomber dans la caricature, notamment pour ce qui est des bras et des mains – pour moi c’est vraiment réussi, et la soirée est passée trop vite.

(Du coup, je pense que je vais en regarder une autre version sur Youtube ou dans le genre)

(On était au fond alors j’ai mal vu les costumes, vous comprenez)

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2 réflexions sur “La Bayadère

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