Le poids des mots, le choc des … bah des mots aussi (2)

Bon si vous me suivez/lisez depuis un petit bout de temps (plus de trois ans, en fait), vous devez savoir que le corps médical et moi, c’est pas toujours la folaïe, en particulier avec les médecins du travail.

(Si vous ne le saviez pas, bah voilà : les médecins du travail et moi, ça passe rarement)

(Le pourquoi du comment se trouve ici, si vous voulez en savoir plus sur ma vie d’avant ou vous rafraîchir la mémoire) (rafraîchir, vague de chaleur, hahahahahaha)

(En plus je me suis grave trompée de titre, allez savoir où j’ai trouvé que mon premier billet sur la médecine du travail s’appelait comme ça, mais bon bref on va pas chercher à comprendre, hein, merci et bonne lecture)

Bon alors déjà, je ne sais pas QUI prend les rendez-vous pour nous, mais alors clairement, j’aimerais que quelqu’un lui explique que quand on me colle un rendez-vous à 8h30, alors que je sors d’une nuit de 12h de travail et que je rempile le soir-même et en sachant que mes semaines comptent déjà 48 heures de boulot, je trouve que c’est un peu (mais vraiment juste un peu) pousser mémé dans les orties.

Bref.

Bien évidemment, c’est ce matin précisément qu’on s’est pris un écart de caisse de quasi 2 000 balles (grrrrr les stagiaires) et qu’il y a eu un rush quand je devais partir (grrrrrr les clients), mais grâce au ciel (ou à je ne sais pas quoi d’autre), je suis arrivée à 8:28 pile poil dans la salle d’attente.

Capture d’écran 2016-07-28 à 17.36.59(Visiblement ça va, hein, tout le monde ne gagne pas 1300 balles par mois)

Pour découvrir que la borne d’enregistrement (qui fait foi pour l’heure d’arrivée et donc le rattrapage sur le temps de travail blablabla) était en panne (grrrrr la technologie), mais bon ça va j’ai chopé une secrétaire sympa au vol, qui m’a dit que ce n’était pas grave (dommage, je serais bien rentrée chez moi) (et la suite m’a prouvé que c’est vraiment ce que j’aurais du faire, mais booooon).

À 8:40, la secrétaire qui devait me prendre en charge a daigné se pointer et à 8:45, elle m’a convoquée dans son bureau d’un « Madame Spajéti » – sans se lever de sa chaise bien sûr (l’activité physique de trop bonne heure c’est hyper mauvais pour les articulations), et après elle m’a engueulée parce que je n’avais pas fermé la porte (ça m’a rappelé la Désagréabilitay, c’était sympa) (ou pas). Après je me suis aussi fait engueuler parce que je ne m’étais pas enregistrée sur la borne (🙄) donc je lui ai dit que j’étais arrivée à 8:28, ce à quoi elle m’a royalement répondu que non c’est pas possible, à 8:28 ils sont fermés puisqu’ils ouvrent à 8:30.

Cristina rire jauen

(Oups zut, maintenant elle a du deviner que j’ai sortir ma baguette magique et dit « Alohomora » parce que je n’avais pas envie d’attendre sur le palier)

S’en est suivi un interrogatoire digne des heures les plus sombres du 20eme siècle, pour savoir si je suis célibataire ou mariée, mes horaires de travail, le nom de mon médecin traitant – « vous faites erreur je n’ai aucun médecin de ce nom à l’adresse indiquée » (quand j’ai commencé à péter un câble et dit qu’autant que je sache, je sais encore qui je consulte, elle a bizarrement trouvé le cabinet) (bon par contre il partage son cabinet avec sa femme psychiatre, donc j’espère qu’elle ne s’est pas trompée dans sa sélection), si j’ai des enfants (« Pas depuis la dernière fois que vous m’avez posé la question »), et encore plein d’autres questions que j’ai oubliées, avant de me faire passer un test de vue et de râler parce que ma vue est mauvaise – mais alors quand j’ai relevé la tête d’un coup et dit que désolée, après douze heures de travail OUI j’ai les yeux secs et les lentilles qui se décollent, elle est devenue super gentille (enfin, toutes proportions gardées).

J’ai ensuite été reçue par le médecin du travail et alors là, mes amis, là, j’en ai presque regretté sa secrétaire.

 – Donc vous travaillez à l’hôtel Grosse Blague ?
– Oui.
– Et avant vous travailliez où ?
– C’est mon premier poste.
– Donc vous venez de finir vos études ?
– Oui.
– Et qu’est-ce que vous avez fait comme études ?
– Du droit, et après j’ai bifurqué en école hôtelière.
– Aaaaaah, vous avez fait du droit avant ?
– Oui.
– Et pourquoi avez-vous changé ?
– J’aimais pas ça.
– Mais pourquoi ?
– J’aimais pas ça, c’est tout, j’ai craqué l’année du master 1 et voilà.
– Aaaaaaaah, vous êtes allée jusqu’au master alors !
– Ggggnnnnnnnnnn ouiiiiiii.
– Et pourquoi l’école hôtelière, alors ?
– Parce que ça me faisait envie.
– Ah. Ah bon, bon d’accord. Bon et donc, vous travaillez de nuit ?
– Oui.
– Et vous ressentez de la fatigue ?

Gros bug

– C’est à dire que je travaille à peu près 50 heures par semaines, alors oui, je suis crevée, oui …
– 50 heures ? Ah oui bah oui c’est sûr, alors …
– …
– Vous avez subi une variation de poids depuis que vous travaillez de nuit ?
– Oui.
– Alors *petit regard complice*, vous avez pris combien ?
– J’ai perdu 4 kilos.
– Ah … Ah oui quand même, ah oui c’est pas rien …
– …
– Et vous prenez vos repas à heures fixes ?

Blinking Eddie

– …
– Alors ?
– Je travaille dans un hôtel, c’est pas vraiment le concept …
– Ah mais c’est aussi pour ça que vous êtes fatiguée, vous savez. Ca aide vraiment beaucoup de manger à heures fixes !
– Mais je suis réceptionniste …
– Oui mais on peut toujours s’arranger !
– Non mais s’il y a un client à la réception il est prioritaire, enfin je sais pas mais je vais pas lui dire d’attendre le temps que je prenne ma pause …
– Mais vous savez mademoiselle, il existe des solutions, déjà la réception devrait être fermée la nuit …
– Mais enfin c’est un hôtel cinq étoiles et l’ouverture 24/24 de la réception est un critère de classement, si on ferme la réception de nuit on perd je sais pas combien d’étoiles, puis je sais pas mais c’est juste pas négociable de faire passer les clients après, quoi …
– Mademoiselle, je vous assure qu’en discutant avec votre direction et votre hiérarchie, il est tout à fait possible de trouver un terrain d’entente et des compromis [blablablablablablablablablabla]

Pasty clopes

Bon je ne vous cache pas qu’à ce stade j’étais pas loin de lui taper la tête contre son clavier, du coup j’ai lâché l’affaire et j’ai fait des « hinhin hinhinh » jusqu’à ce qu’il me lâche (« Allez, à dans six mois pour un autre contrôle ! » HAHAHAHAHAHA mais si dans six mois je travaille encore dans cet hôtel, croyez bien que c’est pas un médecin du travail qu’il me faudra, pour le coup ce sera VRAIMENT la femme de mon médecin traitant qu’il faudra que j’aille consulter), et je suis partie sans demander mon reste très exactement cinquante-quatre minutes après mon arrivée.

(Cinquante-quatre minutes de ma vie foutues en l’air, si vous voulez mon avis)

Mais bon bien sûr je ne pouvais pas juste rentrer chez moi tranquillement, oh non non non non non non non : je me suis évidemment PERDUE en cherchant mon arrêt de bus, vu qu’apparemment à Paris c’est trop compliqué de faire des lignes de bus qui circulent dans les deux sens, et bien sûr j’étais à un arrêt desservi que dans un sens (celui par lequel j’étais arrivée), et j’ai fini par appeler Grédéric à moitié en train de pleurer :

– Mais chérie tu es où, là ?
– Place des victoiiiiiiiiires *snirfl snirfl*
– Heu je connais pas, c’est quel arrondissement ?
– C’est là où y’a les reines du shoppiiiiiing *beuahahahahahahaaaasnirfl*

Et là, je vous jure que j’ai entendu ce sale gosse essayer de ne pas rigoler.

(La déception n’aurait pas été plus déçue que moi face à ce comportement)

Bref j’ai fini par prendre le premier bus qui passait, qui, alléluia, m’a conduite jusqu’à la place de l’Opéra, où passe le bus qui s’arrête pas loin de chez moi – mais d’abord je me suis arrêtée à la Brioche Dorée où je me suis pris un bon bretzel au fromage (Alsace rpz) et un muffin au Nutella pour me remettre de toutes ces émotions, parce que mine de rien quand je suis rentrée chez moi, il était pas loin de 11 heures.

Mais bon c’est cool, avant de me laisser partir, le médecin m’a filé deux planches d’exercices à faire pour détendre les articulations ! C’est génial d’être aussi bien encadrée et suivie !

Du coup je ne vous cache pas que je me sens un peu piégée, vu que :
– si je change de boulot, je retourne chez le médecin du travail ;
– si je ne change pas de boulot, je retourne chez le médecin du travail.

Bon.

Je pense que je vais reprendre un verre.

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8 réflexions sur “Le poids des mots, le choc des … bah des mots aussi (2)

  1. Ahhhh, la médecine du travail… Toujours un grand moment, ces visites.
    L’avant dernière fois que je suis passé devant le médecin du travail, pour la visite médicale réglementaire, c’était bien entendu suite à une convocation reçue au boulot, je devais me présenter telle jour à telle heure à telle adresse. Et quand le médecin est venu me chercher dans la salle d’attente et m’a fait entrer puis asseoir dans son cabinet, la première chose qu’il m’a demandée c’est « vous venez pour quoi ? »
    J’étais à deux doigts de lui répondre « pour faire un bowling, connard ! »

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