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Bon.

Alors.

Par où commencer ?

Il y a quelques semaines, j’ai accepté de me présenter à un concours pour les élèves en école hôtelière (concours dont je ne dirai rien de plus, parce que sinon vous pourriez trouver trop facilement mon identité, ce qui m’obligerait à tout fermer par ici et vous seriez immensément tristes et pleins de culpabilité de priver la littérature française d’une si brillante plume, n’est-ce pas ?), et bon j’ai réussi la partie théorique, du coup il a bien fallu que je passe la partie pratique.

Bridget fuck

Et comme vous commencez à me connaître, vous avez deviné que c’est là que ça a commencé à pécher.

(Si vous ne commencez pas à me connaître, je vous le dis clairement : c’est là que ça a commencé à pécher.)

(Et pas que parce que je ne suis même pas sur le podium pour avoir « manqué de sourire et d’empathie » face à cette connasse qu’est la Désagréabilité qui me faisait passer l’épreuve) (que les choses soient claires : je ne serai JAMAIS empathique et souriante face à elle, même si ma vie en dépendait) (et même si elle a dit que du point de vue technique, j’avais été la meilleure, héhéhéhéhé)

(Bref)

Donc, j’en étais au passage de la partie pratique.

Comme on nous avait fait tout un speech parce qu’on représentait le lycée blablabla, j’ai décidé d’être professionnelle jusqu’au bout des ongles – bref, je me suis résignée à devoir repasser ma chemise du jour.

(Ô rage, ô désespoir, ô faux plis ennemis)

(Trois ans d’école hôtelière, six mois de repassage seulement)

(De toutes façons ce qui compte c’est le col, avec la veste on voit pas grand chose d’autre)

(Puis sinon l’astuce c’est de faire comme une fille de ma classe : prendre des chemises deux tailles trop petite, comme ça elle se tend bien de partout et ça fait disparaître les plis de froissage)

(Salut, c’est nous les fées du logis)

Ahem

(Ah bah, en fait non)

Bref.

Je suis donc joyeusement (non) allée brancher le fer à repasser, j’ai préparé un cintre pour y pendre ma chemise pour ne pas risquer de la froisser en l’attrapant et en la stockant quelque part (oui oui, ça sent le vécu), j’ai attendu que le fer chauffe, et j’ai repassé ma chemise.

Enfin, presque.

Parce que consciemment ou non, j’ai appuyé sur le bouton pour faire pshitter la vapeur, et comme j’avais mis le fer à basse température à cause de tout le synthétique dont ma chemise est bourrée (je veux dire, au moins 30%) (si ça ne tenait qu’à moi, il n’existerait que des chemises en soie et éventuellement quelques unes en coton pour les jours de bricolage), et bref donc la vapeur a fait couler du tartre ou je sais pas trop quoi (le truc blanc qui devient marron sur le tissu), et du coup ma chemise était immettable.

Mais repassée.

Mais immettable.

Bref, j’ai miaulé pour faire venir ma mère, qui a nettoyé le fer pendant que je mettais ma chemise à la machine – ça va que je suis moyennement du genre écolo (mais attention, je coupe l’eau pendant que je me brosse les dents et je finis toujours les bonbons jusqu’au dernier pour limiter le gaspillage).

Bref pendant que ma chemise utilisait un an d’eau pour une famille somalienne, j’ai suivi le reste de mon programme, à savoir me maquiller.

(Crayon à sourcils, mascara, anti cernes, Touche Eclat, poudre libre, et roule ma poule)

(De quoi lancer une chaîne beauté sur Youtube, de toute évidence)

Evidemment si tout s’était parfaitement déroulée on ne serait pas ici vous et moi, donc voilà :

  • mes trois crayons à sourcils (tous en provenance du stock maternel) étaient bien trop marrons et visibles
  • mon mascara (neuf) était pâteux
  • mon anti cernes était pâteux
  • ma Touche Eclat était pâteuse.

(Evidemment, le fait que je possède la plupart de ces produits depuis 2009 et que je ne m’en étais pas servie depuis le mariage de N., soit le 30 mai dernier, a peut-être une influence sur tout ça)

Donc BON, j’ai pris du démaquillant (alléluia, il était encore bien liquide et efficace) (vu comme c’était parti, c’était pourtant pas évident), je suis allée dans la chambre parentale, j’ai taxé ma mère, et je me suis vaguement ravalé la façade pour faire plaisir à la Désagréabilité (celle-là même qui m’a dit que je ferais bien de me maquiller pour avoir une moins sale tête environ une semaine avant que j’atterrisse à l’hôpital) (mais je suis dég’, elle ne remarque pas mes efforts) (je ne suis que tristesse, désespoir et déception).

Après quoi, j’ai mis ma chemise au sèche-linge (cette invention du Malin qui abîme les fibres du tissu) (mais pour une fois j’ai préféré être conciliante) et une fois qu’elle a été sèche, je suis retournée à la table de repassage.

Et comme je suis un être supérieur (et pas juste une fille peut-être un peu plus rigolote que la moyenne) (il ne faut pas se voiler la face et juste admettre la vérité dans sa cruelle beauté) (non ?), j’ai donc repassé ma chemise en me tenant soigneusement à l’écart du bouton pour la vapeur.

Ensuite j’ai enfilé ma chemise, le reste de la tenue de l’école, j’ai pris mes cliques et mes claques, et je suis montée dans le bus (dans la bonne direction, je vous vois venir).

Sauf que bon, je me rappelais pas de l’arrêt auquel descendre, et l’appli pour les itinéraires a complètement bugué ce jour-là.

MAIS je suis descendue au bon arrêt (rappelez-vous, l’esprit supérieur, tout ça tout ça), et j’ai trouvé le bâtiment où je devais aller du premier coup.

(Comme une reine)

(Enfin, jusqu’au passage de l’épreuve pratique, du coup)

(Bref)

(Je serai jamais une bête de concours)

I almost care

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10 réflexions sur “– 326 –

  1. C’était une épreuve de la vie pour te faire stresser sur autre chose. Le karma, ça s’appelle. C’est une belle saloperie mais ça se souvient toujours à temps qu’il ne faut pas te laisser trop dans la merde non plus.

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    • Non mais j’étais même pas stressée, j’y suis allée les mains dans les poches (en étant déjà bien contente de pouvoir y aller, vu qu’il y a quelques semaines c’était plutôt loin d’être gagné), donc pour le coup c’était juste un coup bas de la vie 😀

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  2. Sympa l’astuce des deux tailles en dessous pour les chemisiers… Fallait y penser… Mais les pauvres, si elles lèvent un bras un peu trop haut, ça doit craquer sous les aisselles non ?

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