Pour toujours, à jamais, tout ça tout ça

Voilà.

Voilà voilà.

N., ma petite N., a convolé en justes noces avec Monsieur N.

RIP

Mais commençons par le commencement.

Donc, le mariage religieux devait avoir lieu le samedi à 16h ; rentrée le jeudi en début d’après-midi, je me suis bien sûr immédiatement mise à la disposition des futurs mariés pour la mise en place de la salle etc., prévue le vendredi après-midi. (J’ai fait la stagiaire de base, quoi)

Vendredi
Après avoir racketté la voiture familiale et tiré les vers du nez de la future mariée qui s’était mis en tête de me laisser me reposer, j’embarque Louis-Maximilien pour une folle après-midi de positionnement de ronds de serviette.

En théorie.

Parce qu’avec les bouchons et le GPS qui avait décidé de plutôt nous emmener prendre un verre là où Chonchon fait des extras, il nous a fallu une putain d’heure et demie pour faire un trajet qui dure normalement 20 minutes.

Sauf qu’on n’a pas trouvé la salle.

Je veux dire par là qu’à l’adresse indiquée par N., il y avait une clinique vétérinaire.

Donc j’ai utilisé mon petit cerveau, et j’ai réfléchi :
– c’est le bon village, j’en suis sûre à 99% ;
– N. m’avait parlé de la salle des fêtes ;
– il est possible qu’avec le stress, la fatigue etc., elle ait confondu l’adresse de la salle avec une autre, ou qu’elle ait fait un mélange dans les adresses ou autre, bref, que ce ne soit pas la bonne adresse tout court ;
– allons donc à la salle des fêtes.

Et en toute modestie, j’étais très fière de moi en arrivant à la salle de fêtes, parce que sur le parking il y avait des voitures déjà décorées avec du tulle, et quand on est entrés on a découvert une salle avec toute une mise en place pour un repas de mariage. Bon bien sûr on ne trouvait pas N. et Monsieur N., donc j’ai demandé aux gens qui étaient là :

– Bonjour, vous savez où sont N. et Monsieur N., s’il vous plaît ?
– Qui ça ?
– N. et Monsieur N. !
– Mais c’est qui ?
– Ben … Ceux qui se marient demain !

C’est le moment qu’a choisi une fille pour relever la tête, et me dire assez sèchement qu’en fait, c’est elle qui se marie demain.

Ah.

Hum.

Bon.

Il ne me restait donc qu’à présenter mes excuses, et à repartir avec Louis-Maximilien sous le bras, non sans avoir tamponné l’une des voitures garées sur le parking (j’ai envoyé le frangin vérifier, la voiture n’avait rien – à 5km/h, en même temps … donc j’ai filé sans demander mon reste).

Là-dessus est arrivé le coup de fil salvateur de N., pour nous dire que si si si, c’était bien à côté du vétérinaire, elle l’a bien dit à tout le monde – à tout le monde sauf … À moi.

Mais bon.

En fin de compte ça m’aura juste valu un délit de fuite, quoi.

Clochette humpf

Tout ça pour découvrir qu’en fait, la mise en place avait commencé vers 14:00, que N. ne me l’avait pas dit, et qu’en gros quand on est arrivés, tout était fait.

Je

suis

devenue

une

délinquante

pour

rien.

Voilà.

Bref, après un silence plus qu’étonnant de Madame Plus (rien, pas de remarque, pas de bonjour, pas d’assauts d’amabilité – elle a juste cru que L-M était Grédéric (ne me demandez pas comment ça lui est venu) (je vous rassure tout de suite, elle n’a pas reparlé des 10 et quelques euros qu’elle doit me rendre après l’EVJF de l’enfer), L-M et moi on est repartis comme on est venus – c’est à dire dans les bouchons (gros progrès, le GPS avait fini par se mettre d’accord avec lui-même sur l’itinéraire à suivre), non sans avoir torturé N. pour qu’elle me dise à quelle heure reprenaient les derniers préparatifs le samedi matin – à savoir, 9:30.

Samedi
À 9:20, Grédéric et moi étions en planque devant la clinique vétérinaire.

(Oh, d’ailleurs. En parlant de ça. Figurez-vous qu’on avait dit que Grédéric passerait me prendre à la maison à 9:00, et qu’il s’est pointé comme une fleur à 8:45 et a rigolé en disant « Oh, toi t’es en retard ! » ALORS QU’IL AVAIT 15 PUTAIN DE MINUTES D’AVANCE.)

Bref on a aidé aux derniers préparatifs, avant de rentrer se faire tout beau tout propre pour la cérémonie proprement dite (« Merde, mon soutif sans bretelle ! Non c’est bon il est là. MAMAN ! Mes sourcils ne sont ni faits à ni à faire, oh Maman fais quelque chose par pitié … Merci merci merci merci. Chéri, tu peux prendre ma pochette et y mettre ma CB, ma carte d’identité, non mon permis et des mouchoirs steuplé ? Tu peux aussi ouvrir la fente de ma robe ? Mes chaussures, putaaaaaaain … ».

Je sens que ce sujet vous passionne (si), donc voilà, j’ai mis ça :

FotorCreated

Le tout agrémenté d’un sublime mantón crème/beige/ivoire/whatever piqué à Maman Spaghetti (dont j’avais dit il y a quelques années « non mais il est moche j’aime pas du tout, je risque pas de te l’emprunter) (AHEM), et d’un collier parce qu’évidemment, j’avais laissé les boucles d’oreille pile assorties à ma pochette … À Bruxelles.

Sans commentaire.

Bref, après quelques péripéties (par exemple, oublier de vérifier l’adresse de l’église), on a fini par arriver pour découvrir, sur le parvis de l’église, quelqu’un dans une robe blanche informe – mais en fait c’était pas N., c’était juste le curé, et  …

Je vous le donne en mille : Machaif.

Ou plutôt Monexchaif.

Celle de quand j’étais pionne, oui.

Parfaitement.

(J’avais un peu oublié que les parents de Monsieur N. la connaissent bien)

Monexchaif qui n’a pas manqué de s’illustrer quand, alors que nous allions pénétrer dans l’église, N. est arrivée. Forcément je me suis arrêtée pour voir la robe, N., la coiffure, tout, quoi. Moment qu’a choisi Monexchaif pour me mettre un coup de coude et me balancer « Oh, elle est belle sa robe ! Mais sinon, tu la connais, toi, la fille ? »

La fille.

LA FILLE.

POUR DÉSIGNER LA MARIÉE.

Mr Bennett (Facepalm)

(J’ai toisé Monexchaif, et j’ai un peu sèchement répondu que oui, je la connais, vu que c’est mon amie et que c’est pour elle que je suis là aujourd’hui.)

Sur quoi nous sommes entrés dans l’église (« Oh pfiou dis donc … »), bientôt suivis par Monsieur N. au bras de sa maman (« Non mais si j’ai les yeux humides c’est juste parce que j’ai la crève »), et enfin, N. est entrée au bras de son papa (« Non mais je suis pas la première à avoir pleuré donc ça compte pas »).

(Grédéric a un peu passé toute la messe à me caresser la main et à me répéter que ça va aller ma chérie, hein, ça va aller ?)

Enfin bref voilà, ç’a été un mariage magnifique et encore heureux vu ce qu’il m’a coûté, à la sortie de l’église le curé a couru après N. parce qu’elle avait oublié son bouquet – mais comme elle l’a fait remarquer, il vaut mieux sortir sans le bouquet que sans le marié,  j’ai dansé mon premier slow (à 26 ans, ouais), on avait oublié la monnaie pour la quête du coup Grédéric a fait semblant de mettre une pièce, Madame Plus n’est pas venue nous parler – sans doute trop abattue par la défection de son copain à trois jours du mariage (apparemment, il a eu la flemme de venir) (alors que ma théorie personnelle, c’est qu’elle s’est précipitamment casée avec lui pour ne pas venir seule au mariage de N.) (pas de bol, quoi) (la théorie de Grédéric étant qu’elle s’est tout bonnement fait larguer) (du coup, elle a dansé un slow à trois d’un air inspiré avec ses deux potes gays, genre grande communion spirituelle de l’amitié victorieuse), à plus de 2h du matin j’étais encore perché sur mes talons à sauter partout (et je dois fièrement dire que j’étais un peu la dernière à ne pas être en ballerines), quand les deux pièces montées sont arrivées, tirées par Monsieur N., N. était elle-même tirée par le chariot – un truc dans ce style, et un peu après on a pris congé, parce que ma grande spécialité c’est d’être malade à crever quand je dois assister à un mariage.

Voilà voilà.

Tout cela s’est terminé sur une dernière madameplussade – mais franchement, trois fois rien, à peine un petit baroud d’honneur :

– Tu repars quand en Belgique ?
– Mardi.
– Et tu reviens quand ?
– Fin août, je termine mon stage le 29 donc vers le 30 ou le 31, je pense.
– Faudra qu’on se fasse un truc toutes les deux, qu’on aille prendre un verre !

Dans le principe

– Euh oui euh enfin on verra on se tiendra au jus, hein, parce que je pars en vacances et après je repars en stage et euh enfin voilà quoi hum hum …

Là dessus, Grédéric a volé à ma rescousse en faisant valoir ses droits (« Hé ho je suis prioritaire pour la voir hein héhéhé »), ce à quoi Madame Plus lui a superbement répondu …

– Je m’en fous ! Ca me regarde pas ! Anna se débrouille comme elle veut, je suis prioritaire pour la voir !

.

.

Franchement, autant de connerie, ça confine au sublime, non ?

(Mais sinon, c’était un mariage magnifique, du genre qu’on n’a pas envie de critiquer) (sauf peut-être le type qui m’a fait chier pendant vingt minutes au vin d’honneur, parce que visiblement ça le dépassait que je sois invitée au repas ET que j’aie abandonné le droit pour l’école hôtelière, et ah non vraiment mais enfin j’aurais tout à fait pu trouver un domaine du droit qui me plaise, non ? Et donc, je suis invitée au dîner aussi ?) (la feeeeeeeeeeeeeeeeeeerme) (mais c’était un mariage magnifique – peut-être que je vous l’ai déjà dit ?)

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7 réflexions sur “Pour toujours, à jamais, tout ça tout ça

  1. Mention spéciale pour Grédéric et sa feinte lors de la quête… Si ça c’est pas un geste de gentleman…
    Sinon, oui c’est vrai, MadamePlus le talonne de très près avec sa phrase digne des meilleurs dialogues d’Audiard.

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    • Aha j’avoue, d’autres ne se sont pas embarrassés d’autant de délicatesse 😀
      Non mais Madame Plus … Je sais pas, elle était peut être ivre ?

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  2. Ça me donne envie d’aller à un mariage!
    (mon premier slow c’était à 22 ans, alors que j’avais depuis longtemps abandonné ce vif espoir de pré-adolescente fana de la Boum. Et bien en prime j’ai même eu le droit à mon premier slow sur la musique de la Boum, attention 😀

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    • J’avoue que ça m’a réconciliée avec les mariages d’amis 🙂
      Hum, je confesse humblement avoir totalement oublié le titre de mon premier slow … Mais ce n’était pas La Boum 😀

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  3. Pingback: Diamonds are forever | The sauce of my spaghetti

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