L’EVJF de l’enfer, épisode 4 : dégustation

OUI OUI OUI OUI OUI !

L’EVJF DE L’ENFER EST PASSÉ ! FINI ! (KAPUTT ! JE NE ME LANGUIS PAS SUR FOND D’AUTOMNE TRISTE !)

Le champagne

Alors alors.

Il a d’abord fallu rallier le petit nid d’amour (qui s’est avéré être très moche) (le nid, pas l’amour) (quoique) de Madame Plus, ce que j’ai réussi à faire malgré le GPS qui n’était pas tout à fait d’accord avec lui-même sur le trajet à faire. Tout ça pour découvrir que Mâdâme et ses copains avaient acheté des colliers de fleurs pour eux et N., sans juger bon de me prévenir ni d’en prévoir pour moi, du coup j’étais là comme un gland pas festif.

Ensuite on est allés chercher N., l’occasion pour Madame plus de prononcer ces phrases magiques :

– Donc tu pars quand, déjà ?
– Dans deux semaines.
– Et tu pars où, déjà ?
– À Bruxelles.
– Aaaah oui … Et tu pourras assister au mariage, du coup ?
– Ben je sais pas, ça dépendra du service dans lequel je suis, parce que par exemple on m’a dit qu’en réception, le planning est moins flexible qu’aux étages. Et ça dépendra aussi de comment ça se passe avec mon responsable, enfin je vais voir, quoi.
– Oui bon de toutes façons, dès que tu arrives tu poses la question.
– …

Inspire, expire.

Inspire, expire.

Mais surtout, surtout, je me suis inclinée devant ce mélange de … Je ne sais pas, de naïveté, d’optimisme, de connerie candeur :

– Hé Anna, tu sais que t’es la prochaine ? Toi aussi on t’organisera un EVJF de malade !

Gros bug

Alors moi je sais pas, hein, mais si je ne porte rien à l’annulaire gauche c’est peut-être que je ne suis pas fiancée et que je ne vais donc pas me marier dans un avenir futurement proche et accessoirement, peut-être que je n’ai pas envie qu’elle organise mon hypothétique EVJF (si elle pouvait plutôt organiser ses propres funérailles, ça m’arrangerait déjà plus).

Bref.

Donc on a débarqué chez N., on lui a fait faire sa valise, et sur une fabuleuse idée de Madame Plus, on lui a fait croire qu’on partait en week-end à Majorque et qu’il fallait qu’elle s’active pour pas qu’on rate le vol ; après on lui a bandé les yeux et on a roulé vers l’aéroport, parce que bon N. elle est un peu concon vous voyez, elle ne se doute pas que pour prendre l’avion il faut aller à l’aéroport, du coup elle ne risquait pas de deviner.

Bref les gens de la sécurité ont été super gentils et ils ont fait semblant de lui faire passer tous les contrôles (comme l’a dit le responsable, « c’est cruel de lui faire croire ça, qui a bien pu avoir une idée pareille ? » Je lui ai répondu avec juste un air éloquent, après il m’a fait un sourire compatissant et il m’a dit « bon courage pour la suite de la journée »), on a un peu fait marcher N. sur le parking en lui faisant croire qu’on était sur le tarmac (super crédible, ouais, genre pas de vérification d’identité ni rien) et après hahaha on lui a révélé la supercherie hahahahihihi.

Ensuite on est passés au Spaghetti HQ pour que la pauvre N. (qui était en petite jupe légère et T-shirt (bah oui, on partait à Majorque) se change, et on est allés manger en ville – l’occasion pour Madame Plus de faire faire des gages à N. alors que l’Autre Fille et moi étions contre, vu que N. est super timide et que c’est le genre de choses qui la met mal à l’aise, mais bref. (Et aussi  quand N. a fait tomber sa fourchette, je lui ai demandé si elle voulait que je lui donne à manger, et comme elle a dit oui j’ai pris sa fourchette et j’ai fait l’avion qui va se poser en disant que cette bouchée était pour Monsieur N., elle a rigolé, j’ai rigolé, j’ai reposé la fourchette et du coup Madame Plus l’a prise pour donner à manger à N. (d’une manière qui, si N. avait eu 5 ans, m’aurait incitée à appeler la DDASS. Mais bon.)

Ensuite on est retournés chez Madame Plus pour un « shooting photo en maillot de bain » de N. – en fait c’était encore une blague hihihi, en vrai on devait tous passer par la case « massage par une collègue de Madame Plus ». Bon en fait de massage la meuf m’a atomisé la poitrine et j’ai mal sous le sein droit dès que je lève les bras ou que je suis allongée et que je veux me lever depuis ce jour (j’en suis venue à la conclusion que j’ai une côte fêlée) (au moins), et en plus elle n’a pas changé la protection de sa table de massage au niveau de la tête, du coup j’ai eu le bonheur de m’appuyer dans les traces de mascara de N. et de Madame Plus, et dans la transpiration de tout le monde. (C’est une expérience qui fait des envieux, je le sens bien)

(Et pendant le trajet de retour, Madame Plus m’a répété au moins trois fois « Tu viens de rallonger le trajet de cinq minutes, là », ce à quoi j’ai répondu « Oui, je sais » d’un air imperturbable, en réfrénant mon envie de lui suggérer de descendre de la voiture et de finir à pieds.

Raus !

Mais comme je suis une connasse faible, vu qu’elle se contorsionnait pour prendre des photos de ceux sur la banquette arrière et qu’elle a dit « holala c’est pas le moment de freiner », j’ai vérifié mes rétros et … Bah j’ai pilé.

Ca m’a fait tellement de bien, vous n’avez pas idée)

Mr Bean fuck

Et puis bon voilà, le reste de la journée et de la soirée a été à l’avenant, avec notamment un passage au parcours de santé du coin alors que Madame Plus avait bien spécifié qu’il ne fallait aucune activité sportive ni salissante vu que N. déteste ça, et bien sûr comme elle ne m’avait pas prévenue, j’étais en jeans-ballerines-sac à main donc je n’ai rien fait que les suivre. À la toute fin du truc, Madame Plus m’a fait « Vu que t’as rien fait, tu t’occupes des étirements ? ». Je l’ai regardée genre

Ouiii ouiii, c'est çaaaa

et j’ai dit « Non, merci », du coup elle s’en est occupée en gueulant sur ceux qui ne faisaient pas correctement la fente, pendant que j’agonisais à cause du contact prolongé avec tant de premier degré.

Ensuite on est retournés chez Madame Plus, où elle a décidé d’une tournée de mojitos pour tout le monde – a priori, « Non merci je n’aime pas ça » n’est pas une excuse suffisante pour ne pas en prendre, donc j’ai pris mon verre et je l’ai bouclée. Après ç’a été tournée de Curly et quand j’ai dit « Non merci je n’aime pas les Curly », Madame Plus a fait « Ah mais euh mais zut t’aimes vraiment pas ça ? » (Non non, je me prive de Curly juste pour te faire chier)

Après quoi Madame Plus nous a gratifiés d’une démonstration de pole dance, et nous a fait un petit show d’au moins une heure montrant à quel point elle maîtrise le sujet, elle, tandis que les autres ne sont que des débutants empotés et maladroits (elle ne m’a pas proposé d’en faire, je crois que le message portant sur mon refus catégorique de me trémousser à moitié à poil devant des inconnus est assez clairement passé), et je suis passée en cuisine pour faire des crêpes.

Pendant plus d’une heure et demie.

Pour, à l’avant dernière crêpe, la voir débarquer dans la cuisine et l’entendre dire que bon, c’est bien mignon mais elle a faim, ça arrive, ces crêpes, là, oui ou merde ?

Did you say sthg ?

(J’ai respiré très fort, et ravalé mon « merde »)

C’est comme ça que je me suis retrouvée à contempler cette joyeuse assemblée pendant qu’elle se gavait de cette hérésie gastronomique qu’on nomme crêpes salées, puisque visiblement mes tentatives d’explications portant sur la différence entre les crêpes et les galettes n’ont pas été très fructueuses (et qu’en gros et en mieux emballé, on m’a demandé de me taire, de ravaler mon militantisme gastronomico-régional, et de me mettre aux fourneaux).

Et puis après le repas, Madame Plus est venue me parler à l’oreille pour me dire que bon, c’est un EVJF quand même, pas juste une soirée donc elle va faire un peu picoler N. parce que là elle n’est pas assez imbibée, et j’ai réfréné mon envie de la tarter en lui rappelant juste assez sèchement que j’étais contre l’alcoolisation à tout prix – mais bon comme mon avis n’entrait absolument pas en ligne de compte, j’ai juste dépensé de la salive pour rien.

Et bref voilà, le reste de la soirée je me suis contentée de faire de la figuration vu que Madâââââââme ouvrait son coeur à Ninon et faisait confidences sur confidences sur le décès de sa grand-mère, genre « J’ai pas envie d’en parler ça fait trop mal » (bah ta gueule) (pardon), « Oui tu vois quand Monsieur Plus était aux urgences mon chef m’a laissé partir halala que j’ai été courageuse blablabla » (oui bon, son copain s’était luxé l’épaule, ça va il a pas non plus un cancer)

Phoque very interesting

et d’un coup elle s’est tournée vers moi :

– Et toi Anna, j’espère que ton mec n’a pas de soucis de santé ?
– Bah même si c’était le cas, je t’en parlerais pas, donc bon …
(Ouais je sais, c’est pas sympa mais j’y peux rien, c’est sorti tout seul)
– Eh ben moi tout le monde sait que Monsieur Plus a eu un souci à l’épaule, et je vois pas le problème.

(Bah on est tous ravis de le savoir, t’as pas idée)

Et enfin, ENFIN, vers 1:00 du matin, Mâââdame a daigné bouger son postérieur pour se préparer à aller en boîte avec N., vu que perso avec deux heures de sommeil au compteur en presque 48h et quinze heures à prendre sur moi pour ne pas l’emplâtrer, j’ai déclaré forfait pour le reste de la nuit et le lendemain.

Evidemment elle n’a pas pu me laisser conduire tranquillement, il a fallu qu’elle commente ma conduite (« Oh dis donc, tu l’as pris vite, ce virage » Ouais j’ai secrètement espéré que ça allait te catapulter hors de la voiture) et quand il y a eu un blanc et que N. m’a remerciée d’avoir été présente parce que ça lui a fait très plaisir que je fasse l’effort de venir blablabla, Madame Plus a visiblement ressenti l’impérieuse nécessité d’en rajouter une couche en disant combien elle avait été heureuse de passer cette journée avec N. et moi, oh oui vraiment quel plaisir, et quand enfin je les ai déposées au centre ville, elle s’est jetée à mon cou

Sparrow berk

pour me dire au revoir en disant plein de trucs gentils genre ah vraiment quel bonheur que j’aie été là blablabla (VA. MOURIR.).

Je pensais être tranquille un moment mais bien sûr, le lendemain elle s’est fendue d’un petit texto pour tous nous remercier d’avoir fait passer deux super journées à N. – alors qu’il n’y a qu’elle à avoir pu se supporter les deux jours, tout le monde ayant réussi à esquiver une à deux journées selon les excuses trouvées par chacun, et pour nous dire qu’après décompte de toutes les dépenses, il restait 13€ à rendre à chacun.

Bon.

Début de semaine suivant, nouveau message pour nous dire qu’après avoir tout recompté et trié son portefeuille, il s’avérait qu’elle ne devait rendre que 10,80€ à chacun.

Elle est banquière, quoi.

Si elle a besoin de s’y prendre à deux fois pour comptabiliser des dépenses et répartir la somme restante, j’imagine qu’au prochain client qui débarque à la réception pour faire son check-in, je peux filer les clefs de chez moi et lui courir après en lui filant la bonne clef magnétique, non ?

Sur ce je vous laisse, je vais soigner mon stress post-traumatique.

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23 réflexions sur “L’EVJF de l’enfer, épisode 4 : dégustation

  1. Ah bah dis moi, c’était du lourd cet EVJF! Tout laisser supposer que ça se passerait comme ça, mais je sais pas, ça doit être mon coté naïf, je me disais que, peut-être, il y aurait eu de bonnes surprises du coté de Madame plus. Mais non, elle est définitivement irrécupérable…

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    • Idem, je le sentais mal mais au début de la journée (le coup des fleurs, du stage …) je me suis dit qu’il ne fallait pas que je prenne tout mal juste parce que je n’avais pas assez dormi. (J’ai vite abandonné)
      En plus, l’Autre Fille – qui était du même avis que moi sur tout – a saisi le premier prétexte venu pour se défiler, donc il restait N., Madame Plus, deux copains à elle et moi … Les jeux étaient faits d’avance, en somme :/

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  2. Madame Plus toujours plus et toujours aussi chiante et casse burnes… XD
    Quel courage tu as eut pour lui avoir coller ton poing à la figure ou l’avoir envoyé chier… Moi j’aurais craqué… XD

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  3. On n’a vraiment aucun mal, à te lire, à l’imaginer comme une grosse pouf, cette nénette !
    Je me joins à l’opinion générale pour te féliciter d’avoir tenu le coup. Avec tout de même une petite déception, je l’avoue, que tu ne l’aies pas tartée.
    Mais quel(le) boulet(te) franchement…

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    • Bon j’avoue, je suis peut-être (j’ai bien dit « peut-être ») un peu de parti pris, dans la mesure où je n’ai pas pu supporter Madame Plus dès la première seconde où je l’ai vue. Mais il doit y avoir une bonne raison à ça 😀
      Sinon, merci. J’avoue que je regrette aussi de ne pas l’avoir tartée, mais j’aurais risqué de me casser un ongle, donc bon …

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    • T’as raison, si Paris vaut bien une messe, elle, elle ne vaut pas un ongle !

      (meuhhhhhhh noooooon y’a aucun parti pris là-dedans ! Tu es l’objectivité – et non pas l’ongle – incarnée !)

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    • Merci, merci. J’avoue que j’ai rarement autant pris sur moi, je ne peux pas encadrer cette *biiiiiiiiiiiiiip* de manière presque viscérale !

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  4. J’ai bien ri sauf que ça fait quand même un peu peur, hein… (Peur façon Misery de S King)
    Elle a l’air complètement cinglée cette femme, c’est monstrueux cette blague de départ à Majorque.

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  5. ahahah!! Bon, y a plus qu’ à débarquer chez N et faire un ouiken entre filles!! Mais qu’a-t-il pris à N de choisir Madame plus pour cette tâche délicate??? Le coup de Majorque c’est d’un cruel!! (je ne le croyais pas en le lisant!) Le mariage c’est différent: tu manges, tu bavardes et tu danses:)

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  6. Pingback: Cinq ans de blog, donc | The sauce of my spaghetti

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