Ces jours où je ferais mieux de rester couchée -2-

Dimanche, 22:15 
Alors que je m’apprête à me vautrer sous ma couette avec le sentiment de n’avoir pas démérité, il m’apparaît soudain que j’ai un poil merdé dans le PowerPoint dont j’ai accouché dans la douleur, le sang et les larmes, et que je suis donc bonne pour le remanier quelque peu, la présentation du truc étant lundi après-midi.

Soutenue par Grédéric qui repousse gentiment l’heure de son coucher pour assurer un SAV psychologique à mon bénéfice (il peut bien, j’ai accepté de ne pas le castrer quand il m’a parlé de mon « BTS Réceptionniste »), j’achève mon non-chef-d’oeuvre.

23:00
Naïvement je me dis que allez, c’est la fin d’une semaine un peu merdique, on est dimanche, lundi est un autre jour, une autre semaine, tout est possible, be positive blablablabla, genre j’ai la foi, vous voyez.

SPOILER ALERT : bah j’aurais pas du. Oh non non non non non non non non non non, je n’aurais pas du.

Lundi, 6:00 
Mon réveil sonne. Et franchement, que peut-on attendre d’une journée qui commence par une sonnerie de réveil ? Ne devrions-nous pas le couper et rester sous la couette repenser les fondements de notre société, réfléchir à ce que nous sommes vraiment, au monde que nous voulons laisser aux générations futures ?

Hermione a tout compris, si Hermione a mis plusieurs tomes à se caser avec Ron c'est parce qu'il n'a pas la lumière à tous les étages

7:05 
Je mets mes (magnifiques et sublimes) bottes neuves pour les casser.

7:05 + 200 mètres
Ca commence à faire un peu mal aux pieds, dites donc.

7:17
Bien sûr, une fois montée dans le tram, il n’y a pas de place assise.

7:21
Je suis une surdouée de la télépathie et de la persuasion mentale : une future retraitée encore dynamique ne met que deux stations à libérer sa place, sur laquelle je me jette comme BHL sur un nouveau modèle de chemise échancrée.

8:01
SuperConnasse est revenue après avoir été absente pendant une semaine, et commence déjà à me faire chier, en gueulant « MAIS ELLE EST PAS LÀ ANNA ? ».

Bridget fuck

Si si, je suis là, t’inquiète tu vas pouvoir faire une julienne de mes ovaires.

8:07
On enchaîne avec une interro dont le sujet est tellement bien que je sèche sur le tiers de celui-ci, notamment grâce à des questions du type « Analysez le texte de manière structurée ». C’est terrible de tomber sur des questions aussi précises et directives 😦

10:03
Je manque de me vautrer en m’asseyant sur les WC, parce que mes bottes sont plus hautes que celles de d’habitude et du coup j’ai plié les jambes à la hauteur habituelle et là en fait il me manquait 3cm. Bon.

Haha not funny

13:28
Je découvre que la prof d’info a validé non pas mon CV définitif (celui qui doit être envoyé aux entreprises pour nos stages) enregistré la semaine dernière, mais le brouillon d’il y a deux mois (que j’avais supprimé). Quand je le lui signale, j’ai droit à un majestueux « Et que voulez-vous que j’y fasse ? À un moment il faut agir, j’ai validé ce que vous m’avez donné. »

Cool fine

(Ranafoutre, j’ai bidouillé pour que mon vrai CV ait l’air d’avoir été validé. Nanméoh, l’autre. J’ai checké 36 fois que c’était le bon la semaine dernière, va pas me la faire à l’envers)

14:02
Je n’ai plus de pied droit, ni de talon droit, ni de moitié droite du corps, je crois.

14:28
J’ai la LUMINEUSE idée (certes inspirée de mes années de danse) de découper un trou dans le pied droit de mon collant, pour atteindre mon talon et y mettre un mouchoir encore plié, histoire d’atténuer les machiavéliques effets d’un contrefort encore trop rigide. ET CA VA MIEUX !

15:15
La prof de comm’ n’est pas là. La prof de comm’, celle pour laquelle j’ai retardé mon coucher hier soir à cause du PowerPoint de l’Enfer.

Castle non rien

16:15
Mon bus arrive enfin à mon arrêt, j’en peux plus j’en peux plus haaaaaa, j’agite ma jambe droite histoire d’oublier un peu combien mon pied me fait mal, et je me pince la cuisse pour essayer d’avoir mal ailleurs qu’au pied, mais sinon tout roule parfaitement. (Mon pied gauche se porte comme une fleur, au fait)

16:17
Je m’écroule dans les escaliers du hall de l’immeuble, et jouis du pied au moment où je retire ma botte.

16:22
Ah, sauf qu’en fait là j’arrive plus à poser le pied par terre, je veux prendre des cachets mais ma bouteille d’eau est vide, et ma mère ne m’entend pas quand je l’appelle pour qu’elle m’apporte un verre d’eau.

16:23
J’hésite : est-ce que j’émets un hurlement déchirant, ou est-ce que je fais sonner le fixe pour faire réagir Maman Spaghetti ?

16:24
J’opte pour le « MAMAAAAAAAAAN ? » semi déchirant, celui qui dit « Je souffre encore en silence mais si tu ne te ramènes pas dans les quinze secondes, je hurle à faire croire à l’immeuble que je suis en train d’accoucher ». Banco !

Et bien sûr le reste de la semaine a été à l’avenant, sinon c’est pas drôle, avec une SuperConnasse déchaînée, sa copine SuperPétasse qui suit ses traces, les profs qui ont subitement décidé pouf là comme ça de nous faire passer des BTS blancs avant Noël (ouais cool génial, compte pas sur moi pour me défoncer et les réussir, je le ferai quand on aura des cours corrects et pas une accumulation d’engueulades/remarques méprisantes parsemées de connaissances vaguement en rapport avec notre domaine), Grédéric qui n’a pas franchement brillé par sa présence ni sa disponibilité, Chronopost qui a encore décidé de laisser ses colis dans le bureau de poste le plus éloigné de chez moi, la banque qui me fait payer 12,50€ pour faire retirer le paiement sans contact de ma CB (j’ai jamais demandé à avoir cette option, et j’étais même pas au courant que je l’avais avant que l’opticien ne me fasse un paiement sans contact sans me demander mon avis), et des gens qui n’ont pas arrêté de râler parce qu’on va faire un voyage de classe et rendez-vous un peu compte on va dormir en auberge de jeunesse, mais franchement où va le monde rendez-vous compte mon bon Monsieur, on va devoir se mêler à la PLÈBE !

Aaaaaaargh

Enfin il y a quand même eu du positif : Chonchon a déclaré lundi que ah dis donc, il ne s’était jamais vraiment rendu compte mais houlala, j’ai les yeux vachement bleus quand même,

Hasuqote

(je me moque, je me moque, mais j’ai trouvé ça mignon), j’ai eu des bonnes notes (non, on ne nous a pas encore rendu l’interro de lundi, ceci explique cela), et Bouclettes et moi on est en bonne voie pour maraver SuperConnasse et SuperPétasse au concours de décoration florale (on s’en fout de gagner, on veut juste être classées avant elles pour leur faire les pieds), et puis dans trois semaines ce sont les vacances, et puis j’ai une nouvelle poubelle bleu foncé avec un coeur rouge lenticulaire et des boîtes de rangement Clairefontaine trop trop belles, et c’est quand même bien cool.

Et sinon, vous, ça va ?

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13 réflexions sur “Ces jours où je ferais mieux de rester couchée -2-

  1. Une julienne d’ovaires… Je suis curieux de goûter ça… Ou pas ?
    Sinon ma foi c’est fou comme on a envie de les connaître, SuperConnasse et SuperPétasse. Et encore plus de les voir subir une humiliation publique en bonne et due forme 🙂

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    • Oh t’inquiète pas, SuperConnasse est allée trop loin cette semaine, je suis bien décidée à l’emplâtrer un jour ou l’autre 😀 (SuperPétasse est plus subtile, je me contente de lui pourrir la vie en ne faisant pas la carpette devant elle)

      J'aime

    • Ouais ! Ca va saigner ! The Eye of the Tiger ! Elle va morfler la bougresse !
      Je comprends mieux la nuance, merci de cette précision. Il est vrai qu’on ne mélange pas une Connasse et une Pétasse. Rien à voir…

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