Conchita frotte-donc là

Samedi dernier, je devais avoir un briefing pour faire des extras pendant le marché de Noël (on sait qu’il arrive quand l’eau du robinet devient dégueulasse #Astuce) – du genre, rencontre entre professionnels qui exposent leurs besoins, et entre étudiants qui proposent leurs compétences, enfin vous voyez le truc.

Donc vendredi soir, je préparais tranquillement mon sac, quand il m’est soudain apparu que j’avais oublié mon tablier (exigé) et mes parfaits escarpins noirs bien confortables et encore impeccables dans mon casier.

Chat a vu araignée

Les chaussures noires à talons n’étant heureusement pas tout à fait ce qui manque à ma vie, j’ai évacué les + 150 points de stress en réquisitionnant la vieille blouse de chimie de Louis-Maximilien, qui ressemble franchement aux blouses utilisées par certaines élèves qui ont intégré le lycée avant l’avènement des tabliers (la blouse, pas mon frangin), les taches de produits chimiques en plus (tant pis). Un carnet, un stylo, et me voilà avec + 30 points de sérénité, et l’esprit tranquille de celle qui n’aura plus qu’à se lever et s’habiller le lendemain matin.

Samedi matin, alors que j’essayais vainement de me convaincre qu’il fallait vraiment que je me lève là tout de suite (non), j’ai entendu Papa Spaghetti aller aux toilettes, d’où + 28 points de stress vu qu’en général, après être allé aux toilettes il occupe la salle de bains pendant un temps variable, pouvant aller à « très très très très TRÈS long » les jours où je suis pressée (j’ai déjà failli être en retard en cours à cause de sa manie de se lever à des heures pas possibles et de se jeter dans la salle de bains immédiatement, sans se dire par exemple que hum, tiens, peut-être qu’un mercredi matin vers 6:30, son adorable progéniture pourrait avoir réellement besoin de passer à la salle de bains, comme tous les mercredis matins) (il ne lui vient pas non plus à l’idée que si lui change ses horaires de passage à la salle de bains, ça bouleverse ceux de tout le monde et que ce tout le monde ne peut pas forcément se le permettre, mais bon).

42 points de satisfaction d’avoir grillé l’autorité paternelle en termes de brossage de dents plus tard, je me posais l’ô combien existentielle question « Je mets quel tailleur ? » ; après avoir opté pour celui que je porte tous les jours au lycée en attendant mon uniforme, je me suis mise en route pile à l’heure prévu (+ 12 points d’auto satisfaction).

Quelques coups d’oeil au GPS de mon téléphone plus tard, j’arrive sur les lieux pour découvrir un groupe de gens que je ne connais pas, et qui n’ont en plus pas l’air hyper hyper portés sur les choses festives de la vie.

 Bon.

Direction l’intérieur de l’hôtel qui nous accueille, je renonce à m’intégrer au groupe de tristus tout en faisant semblant de ne pas renoncer (vous me suivez ?), quand tombe la question presque rituelle :

– Mais t’es en quelle classe ?

(Me demander mon prénom ? Mouarf, vous êtes marrants.)

– En BTS Gros Cons Prétentieux. – Naaaan, c’est vrai ? – Ben oui. – Haaaaaaan ! *pitites étoiles dans les yeux et tout et tout*

S’en est suivie une séance de lèche intensive, à base de « Mais comment t’as faiiiiiit, paraît que c’est trop dur d’être priiiiis, t’as pas eu de difficultés pour y entrer ? » (Meuf, j’étais première de la classe, un stage et un dossier en béton, un peu que j’ai pas eu de difficultés)

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(OK CA VA C’EST BON j’ai quand même un peu stressé, pas la peine de me le rappeler !). La lèche, impossible d’y échapper une fois annoncé le cursus BTS GCP. Mais bon.

Après j’ai doucement rigolé quand ils ont tous dit que ouais nan, ils ont de trop bonnes moyennes, comment c’est TROP facile la mise à niveau (+ 22 points de ricanement intérieur), mais je n’ai pas résisté à la tentation de leur expliquer que le reste de l’année risquait d’être un poil plus compliqué (+ 34 points de sadisme assumé). Je me suis aussi amusée à les faire un peu flipper sur les stages – mais que voulez-vous, je n’ai jamais su résister à la tentation de faire flipper des petits cons qui ne dépareraient pas dans mon BTS jeunes gens persuadés d’avoir déjà conquis le monde. (Alors que non, attendez juste de voir le deuxième trimestre)

Enfin après j’ai nettement moins rigolé, vu qu’en fait de briefing, on nous a un peu expliqué comment nettoyer des chambres, et on nous a envoyés les nettoyer.

Boum.

Comme ça.

Direct.

Yul Brynner whaaat ?

J’ai vraiment plus du tout rigolé.

Au bout de six heures de nettoyage de chambres pas pratiques et en manquant de matériel, j’avais plus du tout envie de rigoler de toute ma vie.

Au bout de six heures et au moment où j’allais me changer, quand on m’a fait « ah tiens tu peux remonter cette éponge au 4e étage sans prendre l’ascenseur avec tes petites jambes fatiguées et ton dos tordu et douloureux parce que c’est chaud de faire un lit en respectant les gestes et postures au travail avec seulement 30 cm d’espace entre le mur et toi ? », j’ai toujours pas rigolé et j’ai regardé la prof avec une telle tête qu’elle y est allée elle-même (en ascenseur) (en général je l’adore, mais des fois je la hais).

J’ai pas non plus eu envie de rigoler quand le proprio de l’hôtel nous a regardés d’un air ému en disant que ah, c’est beau tous ces jeunes qui s’intéressent au métier, qui aiment l’hôtellerie, hop la petite larme à l’oeil, ha merci de votre implication – hey, sérieusement, moi aussi je serais SUPER ÉMUE qu’on vienne me nettoyer trente chambres gratuitement un samedi (même juste une seule) (surtout si c’est la mienne).

Mais comme je suis bien élevée, j’ai fait un sourire un poil crispé, pris mes affaires et détalé avec les autres – enfin, ceux qui ne s’étaient pas encore barrés -, autres qui rentraient en voiture et n’ont même pas fait semblant de me proposer de me déposer quelque part, franchement ils ont pas le sens du service ces petits jeunes, c’est tout bonnement scandaleux, on voit qu’ils sont nouveaux dans le métier. Ha, ils feraient moins les malins s’il savaient que ça les disqualifie d’office pour une embauche quand je serai directrice du Ritz !

Et je suis rentrée m’effondrer sur mon lit.

Tombe sur le lit

Et du coup, j’ai rien fait d’autre de mon samedi.

Voilà.

Du coup maintenant vous pouvez saisir toute la subtilité de mon titre, franchement si ça n’illumine pas votre journée, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

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11 réflexions sur “Conchita frotte-donc là

  1. pendant ce temps, je dormais et profitais de mon samedi libéré ^^

    j.ai cru un moment que tu allais demander à tes lecteurs de faire le calcul de tes points de stress moins ceux de sérénité; j’ai cru pleurer comme à chaque fois que je dois compter ^^

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  2. Je pensais qu’à la fin de la journée, ils allaient encore te demander de fabriquer quelques dizaines d’I Phone 6. C’est vrai quoi, t’as fait une petite journée, là. C’est limite abusé de partir aussi tôt du boulot !

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  3. Les congés… Quelle plaie ! C’est totalement contre-productif.
    Prenons exemple sur les petits Indonésiens ou les petits Vietnamiens ! Eux au moins ils savent encore ce qu’est la valeur du travail !

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    • Haha tu veux rire, j’ai remis ça ce midi à l’hôtel du lycée ! On va dire que ça m’a permis de perfectionner ma technique du lit au carré …

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