Étretat en amoureux (et des gouttes de pluie dans les yeux)

(Pardon, je ne résiste jamais à une rime un tant soit peu douteuse)

(Ni à des parenthèses, d’ailleurs)

(Bref)

Grédéric s’étant fort opportunément rappelé que je mourais d’envie d’aller un jour à « Tu sais la ville au bord de la mer vers la Normandie ou la Bretagne, enfin là-bas dans ce coin » « Etretat ? » « Ouais ça doit être ça » (ne jamais désespérer d’un homme, aussi perdue sa cause puisse-t-elle paraître) (la dernière fois que je lui ai parlé de partir en week-end, c’était il y a deux ans et il m’avait répondu « Ouais on pourrait aller à Metz ou à Nancy, c’est pas loin et il paraît que c’est pas mal ». Traumatisme éternel.), nous avons donc décidé de risquer ma vie et mon héritage (je rappelle que Papa Spaghetti est Breton et ne rigole pas avec les choses du régionalisme), et fait nos bagages pour la Normandie.

Jeudi
Après quelques péripéties du type « Chérie tu vas rire, on ne part pas aujourd’hui, ma voiture est en rade », une douloureuse correspondance à Paris (on a du changer de métro à Opéra, qui était un peu LA station où je sortais du/prenais le métro tous les jours pendant mon stage d’amour), une non moins douloureuse publicité pour l’endroit précis de Paris où j’ai fait ledit stage cet été (Grédéric a réfléchi à l’achat d’une laisse pour m’empêcher de fuguer vers mes ex-collègues pendant qu’il s’occupait des bagages), nous sommes finalement arrivés à Rouen, où nous attendait notre Clio de location.

En fait, la Clio c’était une Fiat Panda.

Mais bon.

(Traumatisme grédéricien. « Putain mais une Fiat Panda, quoi ! UNE PANDA ! Non mais regarde, JE ME FAIS DOUBLER PAR UNE TWINGO ! Bon la Mercedes qui me double, OK, ça va, j’admets. Mais une Twingo ! UNE TWINGO ! »)

violon

Ca, on ne l’a su qu’après que G. a voulu me faire utiliser le GPS de mon iPhone pour trouver l’agence de location, parce que bon quand même on ne va pas demander notre route à un agent SNCF ou assimilé, hé oh.

(J’ai demandé.)

(L’agence était à cinq mètres de nous, sur notre gauche.)

(Chut.)

Donc, clés de la Fiat en poche, nous voici partis en quête d’une carte routière, ma poilue et néanmoins douce moitié ayant oublié de demander un GPS avec la voiture (je ne dis rien, je suis partie avec mon ordinateur mais sans le chargeur) – évidemment, le Relay de la gare était fermé (un jeudi à 16:15, oui oui), et tous les tabacs que nous avons croisé aussi.

Mais comme je suis aussi brillante que ma zone T, nous avons (sur mes précieuses indications) pris la direction « Dieppe/Le Havre » par l’autoroute (faut dire aussi que « Reims/Paris ne nous semblait pas hyper hyper approprié), jusqu’à la station service suivante, où nous avons acheté une carte routière de la région – inutile, puisque nous avions a) pris la bonne direction b) prévu de suivre le panneau « Fécamp » (toujours selon mon incroyable déduction selon laquelle Fécamp étant à une vingtaine de kilomètres d’Etretat, suivre cette direction devrait nous mener à bon port.) (Heureusement que j’avais regardé quelques épisodes de Homeland la veille, dites donc)

Comme on est des gros foufous, on était aussi partis sans avoir réservé d’hôtel – autant vous dire que je n’en menais pas large avec mon super scénario à base de « tous les hôtels seront complets on n’aura pas de voiture et on sera À LA RUE » (scénario qui avait déjà du plomb dans l’aile depuis qu’on avait récupéré la voiture, mais tout de même), du coup on en a profité pour appeler le premier hôtel sur ma liste (comprendre : « Chérie, je me fume une cigarette pendant que tu appelles les hôtels ? »), qui bien sûr était complet (#Nostradamusanna), et j’ai (pas très subtilement) manoeuvré pour que Grédéric appelle le deuxième hôtel sur ma liste (#FatalError) – et là bien sûr, y’avait de la dispo pour deux nuits au lieu de trois, et vas-y qu’après ça Môssieur s’est posé en grrrrrrraaaand sauveur de nos vacances, lui qui avait déniché un hôtel à la seul force de ses cellules grises, d’ailleurs c’est LUI qui a appelé et trouvé l’hôtel, hein (et pas moi qui ai passé des heures les jours précédents à éplucher les sites des hôtels et TripAdvisor pour en établir un classement par situation géographique, décoration de la chambre, prix, commodités et tutti quanti).

Homer pectoraux

BREF.

Nous voilà repartis en direction d’Etretat via – ô ! Devinez quoi ? – Fécamp et, après avoir quelque peu tourné dans le village, nous avons trouvé notre hôtel (le gérant était adorable, de bon conseil, la chambre douillette et très très joliment décorée, bien que Grédéric m’ait formellement interdit de repartir avec la chaise que je trouvais si jolie et le petit secrétaire noir avec les incrustations dorées) (cet homme ne sait pas vivre, c’est moi qui vous le dis).

Petite sieste, et hop direction les falaises (hiiiiiiiiiii), sublimes même de nuit grâce à l’éclairage mis en place.

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Evidemment, il a fallu que Môssieur veuille grimper sur la falaise d’Aval – grimpette au cours de laquelle j’ai failli mourir d’épuisement environ 150 fois (je ne suis PAS sportive, OK ?), mais de vous à moi, ça valait le coup, c’était magnifique.

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Et puis un appel de Belle-Maman, suggérant que je reporte ma visite (et donc notre confrontation) à plus tard pour des raisons familiales – ce que j’ai bien volontiers accepté sans me faire prier vivement regretté, ayant depuis plusieurs années le hum vif désir de hum rencontrer enfin celle qui a hum mis au monde *raclement de gorge* *silence gêné* bon, bref.

Vendredi
Reprise de la grimpette avec les 263 (DEUX CENT SOIXANTE-TROIS !) marches de la falaise d’Amont – idem que la veille, mourance en cours de route, menaces de précipiter Grédéric dans la mer s’il continuait à me faire grimper (je n’aurais évidemment pas mis mes menaces à exécution, puisque je ne suis toujours pas bénéficiaire de son assurance vie), et ronronnements de satisfaction devant la vue, la couleur de la mer, les bourrasques de vent, la pluie, et tout et tout.

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Après une pause déjeuner bien méritée dans une géniale crêperie bretonne (comprendre : « Chéri, si on ne mange pas dans les dix minutes, je te jure que je te quitte »), une carte postale pour les parents Spaghetti et des souvenirs pour Beau-Papa et Belle-Maman, j’ai demandé à faire un tour à la maison Maurice Leblanc :

Image 23

puis nous avons remis le couvert de la grimpette avec la falaise d’Aval (ma préférée, parce qu’il y a l’Aiguille Creuse), précédée d’un petit tour dans les grottes.

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Retour à la crêperie pour le dîner (on ne change pas une équipe qui gagne), retour sur le front de mer pour une dernière promenade nocturne, et pour finir, piaillements de mon cru devant le portail d’une maison qui correspond pas mal à l’idée que je me fais de Manderley (le portail, pas la maison) :

Image 15

Samedi
Après avoir usé et abusé de la fonction « Rappel » du réveil de mon téléphone, nous avons tout de même fini par nous mettre en route pour Fécamp (qui m’aura surtout marquée en raison du prix de la boîte de Nurofen que j’ai du acheter, avant de m’apercevoir qu’il me restait une plaquette de comprimés au fond de mon sac, mais passons) :

Image 16 Image 17

Et puis Rouen, ses petites rues piétonnes, ses façades colorées, ses magasins de thés, de livres anciens … (Que je n’ai pas pris en photo, flemmarde que je suis) (sauf le Gros Horloge, mais j’ai pris des photos tellement jolies qu’elles me donnent le mal de mer rien qu’à les regarder, donc je vous les épargne, généreuse et altruiste que je suis.) (Si.)

.

Les bonnes adresses :

Hôtel d’Angleterre
35 avenue George V
76 790 Etretat
02 35 28 84 97
Le bâtiment est superbe, notre était chambre douillette et confortable (le premier à passer à la salle de bains se pèle un peu, mais la pièce se réchauffe vite donc il suffit d’y passer en second, héhé), le gérant adorable, de très bon conseil et discret.

Crêperie/Saladerie Lann Bihoué
45 rue Notre-Dame
76 790 Etretat
02 35 27 04 65
Galettes et crêpes classiques ou originales, à tomber par terre; service rapide et agréable, on a adoré (et failli y prendre notre troisième repas d’affilée, mais des fois on sait être adultes et raisonnables).

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25 réflexions sur “Étretat en amoureux (et des gouttes de pluie dans les yeux)

    • Je ne vais pas en rajouter une couche en disant que c’était génial et parfait pour des ballades main dans la main, oh non non non.
      Ca finira bien par arriver, ne t’en fais pas 🙂

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  1. Euhhhh… C’est éclairé la nuit ? Je veux dire, les escaliers ? Chui bluffé ! Ca doit être méga dangereux de grimper là haut dans le noir.
    Bref. C’est une magnifique falaise. J’adore les falaises.Les falaises c’est balèze. A l’aise Blaise.

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    • Alors : la falaise d’Amont est difficilement praticable de nuit (et les escaliers font un peu coupe-gorge), en revanche la falaise d’Aval ne pose aucun problème. Sauf si, bien sûr, tu ne vois rien la nuit. (Au hasard, comme moi) (Vraiment au hasard)

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    • Ah ? Tu n’es pas nyctalope ? Promis, je me moque pas. Ne l’étant pas non plus…
      C’est chaud quand même… Je dis respect ! Vous êtes des guedins !!! Ceci dit, à cette heure là on doit être beaucoup moins emmerdé par les cons.

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    • Hé non, et c’était même un vrai handicap pour les entraînements au combat de nuit, j’entendais plein de trucs mais alors la vue … Heureusement qu’on tirait à blanc, quoi.
      Comme on restait moins longtemps que prévu, on a voulu en profiter au maximum (et je ne résiste jamais au bruit de la mer). Et oui, c’était tranquille, d’autant qu’on y est allés hors saison. Franchement, si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seule seconde !

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    • Oui, heureusement que tu tirais à blanc ! Tes camarades de chambrée ne t’en remercieront jamais assez 🙂
      J’abonde dans ton sens : la mer c’est hypnotique, envoûtant… Le flux et le reflux, le sac et le ressac…
      Tu m’as donné envie d’y retourner dis donc ! A Etretat je veux dire. J’y suis allé mais c’était y’a plus de 20 ans… Je n’ai que de vagues souvenirs (humpf humpf… Vagues !!! Mer !!! association d’idées ! Jeu de mot pourri !)
      Hors saison c’est génial ! Tu peux te permettre le luxe de grimper tout là-haut à minuit et une fois arrivé, tu ouvres les bras en croix et du hurles « I’m the king of the world !!! » (enfin, the queen, pour toi).
      Et avec un temps d’automne pas encore trop automnal, ça doit être vivifiant à souhait…

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    • Et encore, tu ne nous as pas vus (après une nuit blanche, tout de même, donc plus très frais) tirer comme des fous sur un chevreuil qui passait, « pour le barbecue de ce midi » ! (Sauf moi, bien sûr. Un de mes instructeurs m’a gueulé « SPAGHETTI ! FAUT TIRER ! » et j’ai royalement répondu « Non, j’en ai marre, je veux dormir, les autres n’ont qu’à le faire ». Hem hem.)

      Franchement, oui, vas-yyyyyyy ! Déjà, rien que de pouvoir se balader sans se cogner dans des touristes en permanence, c’est génial.

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    • Ah la la, sacrée ambiance dis donc ! C’est fun, les bivouacs dans la forêt ! Ca devait être cocasse ta réflexion à l’instructeur, j’aurais aimé voir sa tête ! Il en maté d’autres, et des plus désinvoltes !!! Tu t’es faite engueuler, sérieux ??? On peut pas répondre ça à un chef !!!
      Ben oui je vais y retourner, faut que je planifie ça. Tout seul, je sais pas. Faut que je trouve quelqu’un pour m’accompagner. Je vais tanner tout mon entourage. C’est mon prochain challenge.

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    • C’était un GI (gentil instructeur) !!! Tant mieux qu’il l’ait bien pris !
      Ben je veux bien emmener ma nièce/filleule… Mais à tout juste un an c’est encore un peu tôt je crois !!!

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    • Ok ok… Il ne me reste donc plus qu’à convaincre mon frangin et ma belle-soeur de me laisser la chair de leurs chairs pour quelques jours.
      Quelque chose me dit que c’est pas gagné. Surtout si je leur dis que je vais emmener ma nièce, leur fille adorée, en haut de la falaise d’Etretat à minuit.
      Je vais passer pour un bourreau d’enfant !!! Je serais déjà mortifié si elle attrapait le moindre petit rhume !!!

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    • Tu m’étonnes ! Grédéric a projeté qu’on s’y installe, il a commencé à analyser les rues sur le modèle « Cette rue est-elle sympa ? Pourrais-je y garer ma voiture ? », j’étais morte de rire 😀
      Pour une autre fois, oui, sans hésitation aucune ! 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. J’ai un très bon souvenir d’Etretat! Merci pour toutes ces belles photos qui me le rappelle!
    Finalement, ce week-end était super!!!
    Dommage que tu ne mettes pas de photos de Rouen! J’en rêve!
    Bises

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    • Mais je t’en prie !
      Oui c’était génial, on regrette vraiment d’avoir du l’écourter ! On a aussi eu du mal à partir, c’était tellement magnifique – et on y était tellement bien …
      Pour Rouen je n’ai que quelques photos du Gros Horloge, vraiment pas top – je n’ai pas pris le reste en photo, trop de flemme :/ La prochaine fois 😉
      Bises !

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    • On est juste rentrés dans le jardin de la maison, il fallait choisir entre ça et la dernière falaise, je n’ai pas hésité.
      Quel dommage, il va falloir que tu y retournes pour pouvoir faire tout ce que tu n’as pas fait avant, halala c’est afffffffffreux ! 😀

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