A vingt-quatre ans (et cinquante semaines) j’ai quitté ma province

bien décidée à empoigner la vie,
le coeur presque léger et le bagage tout sauf mince,
j’étais certaine de conquérir Paris

Hé oui, voilà, c’est chose faite : je suis parisienne !

Proud Beyonce

(D’adoption)

(Depuis approximativement dix jours)

(Paye ta parisienne, quoi)

Et, bon, on est entre nous, il y a une relation de confiance et tout, je ne vais pas vous la jouer grande fille détachée qui jette ses cheveux dans le vent avec insouciance et en plus ma mère et mon frère lisent mon blog donc ça leur fera plaisir et ça fera un poil passer la pilule du bordel que j’ai laissé dans ma chambre, mais ça ne s’est pas tout à fait aussi bien passé que prévu.

Parce que deux jours avant de partir, j’étais là, avec ma moue blasée, genre « ouaiiiiiiis mais putaiiiiin vivement que je me caaaaaasse, j’en peux pluuuuuuuus » ; la veille, j’ai involontairement enclenché le mode « oh putain oh putain oh putain », également nommé le Cycle Infernal Obsessionnel du Sujet Qui m’Angoisse et Auquel Je Suis Capable de Relier N’importe Quel Autre Sujet, ce sujet étant « mon Dieu mon Dieu mon Dieu, POURQUOI ai-je demandé ce stage, POURQUOI ai-je changé de voie, ce stage va être horrible, je vais me jeter dans la Seine et ce sera la fin de ma carrière » (ça me paraît logique et cohérent) et pfouf, je suis tombée dans la spirale infernale.

Mais ça allait encore, vu que j’étais occupée à rattraper deux semaines de procrastination (à deux heures du matin j’étais encore à emballer des colis d’objets mis en vente sur Ebay au cas où ils seraient vendus, pour que Maman (oui, Maman Tout Court et pas Maman Spaghetti) n’ait qu’à les affranchir et les poster), ça m’angoissait juste un peu mais c’était gérable, quoi.

Après, je suis allée me coucher.

Après, j’ai essayé de dormir.

Après, j’ai fini par dormir.

Un peu.

Après, je me suis levée, j’ai fignolé ma valise avec ma trousse de toilettes et deux trois détails du genre. (J’ai considéré qu’elle était faite et moi prête à partir à compter du moment où y ont figuré trois culottes et une crêpière)

Bagages Merlin

Après, j’ai dit au revoir à tout le monde d’un air fatigué mais détaché et insouciant (je tiens à mon image), et Papa Tout Court m’a emmenée à la gare.

Et, bon, j’étais tellement légère et impatiente de partir que j’ai failli fondre en larmes et me vomir dessus quand Papa m’a mise dans le train. (Après, j’ai aussi failli pleurer quand il m’a appelée pour un dernier coucou par la vitre du train. Et j’ai cru que j’allais me vomir dessus pendant tout le trajet.)

En arrivant à Paris, je suis allée comme une grande galérer dans les escaliers de la gare de l’Est faire faire mon pass Navigo, puis, avisant des toilettes, je me suis dit que ça pourrait être pas mal d’y faire un tour. (Des fois j’ai des idées fulgurantes, comme ça, je ne sais pas trop d’où elles viennent mais je n’ose pas toujours en parler, parce que j’ai un peu peur que les gens se sentent minables à côté de moi)
Du coup j’ai mis 1€ dans la fente, j’ai fait passer mes valises et hop, je suis restée coincée derrière le tourniquet – du coup, je suis passée sous le tourniquet, telle une fraudeuse sans foi ni loi, une rebelle des temps modernes luttant sans relâche contre cette société capitaliste qui nous dépossède de nos biens les plus précieux qui sont hhhhmmmm voyons pffff bon bref, je suis passée sous le tourniquet.

Et après, j’ai fait pipi.

Autant vous dire qu’à 1€ le droit de vider sa vessie, quand on est dans une cabine, on y reste. Personnellement, j’en ai profité pour me faire les ongles, me faire livrer une pizza et finir le bouquin entamé dans le train.

J’ai finalement quitté ce refuge que j’avais commencé à décorer et aménager (avec goût, cela va de soi), pour crapahuter vers ce qui serait mon nouveau chez-moi (je vous passe les détails à base de « hello, je vois le numéro 4, le 8, mais moi il me faut le numéro 6 OÙ EST CE PUTAIN DE NUMÉRO SIX HEIN DITES-MOI UN PEU OUKILÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ »), puis j’ai emménagé, puis j’ai chouiné parce que je voulais rentreeeeeeeeer, puis je suis allée faire des courses au Monoprix (un Monoprix ! Comme à la maison ! Un Monoprix, les gens, UN MONOPRIX !), puis j’ai failli fondre en larmes au Monoprix parce que tout n’était pas rangé/disposé/organisé comme à Strasbourg

Alice pleure

(heureusement, le Sopalin est à l’étage, comme à Strasbourg, je ne vous dis pas comme ça m’a fait chaud au coeur de constater ça), puis je suis rentrée pleurer dans mon nouveau studio, puis Cécile est venue vérifier que je ne sauterais pas par la fenêtre (parce que j’habite au 5e, #PasCommeÀStrasbourg) (mais il y a un ascenceur, #CommeÀStrasbourg), et mon premier jour à Paris s’est terminé.

Voilà voilà.

Mais bon, toute cette sensibilité était juste due au fait que j’étais en pleine période mensuelle diplomatiquement délicate, hein.

Si.

Parfaitement.

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28 réflexions sur “A vingt-quatre ans (et cinquante semaines) j’ai quitté ma province

    • Oui ça va, passé le premier jour j’ai commencé à prendre mes marques 🙂 N’hésite suuuuurtout pas les bonnes adresses, je suis toujours preneuse ! (Merci :))

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  1. Je suis sûre que ça va très bien se passer au final. Moi aussi, j’ai mal vécu les premiers jours de mon stage à Paris, pendant mes études. Même que je voulais rentrer, et tout, et tout. Et puis, je suis restée. Je me suis éclatée. Même que les gens pour qui je travaillais sont devenus des amis et qu’ils m’ont envoyé à un salon littéraire où j’ai rencontré le sexy quadra (qui était un sexy presque trentenaire à l’époque). Et qu’après m’avoir envoyé au-devant de l’homme de ma vie, mes patrons/amis m’ont filé un boulot. Que je fais toujours 13 ans après. (P*tain, ça nous rajeunit pas !)
    Que du bonheur, et c’est même pas un conte de fées, c’est juste la vraie vie. Alors c’est tout le mal que je te souhaite ❤

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    • Oh tu sais, tu peux écrire putain en toutes lettres, ça ne me choquera pas 😀
      Je suis restée aussi, si ça pouvait m’envoyer au-devant d’un millionnaire à défaut du prince Harry, ça ne me gênerait pas le moins du monde 😀
      En tous cas, merci pour la petite histoire, c’est toujours encourageant 🙂

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  2. Tu vas voir choupie, ta radieusitude (oui, samedi, on s’est dit que puisque Cécile est Fabuleuse, et que je suis Merveilleuse, Radieuse t’irait à merveille) (Si ça te convient, bien sûr) va revenir à grands pas et tu vas roxxer comme tout pendant ton stage. O-BLI-GE ! T’es la meilleure de toute façon rien ne t’arrête ! Donc tout ira comme sur des escarpins ! (pas sur des roulettes, c’est pour les gens sans classe, na ! ;p )

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    • Brillante m’irait aussi, vu les ravages que fait ma zone T 😉 (Du coup, on est un peu comme Riri, Fifi et Loulou ?!)
      Tu es bien gentille, chou, d’autant que j’ai effectivement commencé à tout déboîter 😀 (Brrrrr non, pas de roulettes, merci ❤ )

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    • Et ça reste dans la même idée en plus… YEAH ! \o/ (mais pas pour ta zone T, voyons !) (ouais voilà, comme eux mais en plus classe. Et en moins duveteuses, aussi)
      Ben tu vois ! Toujours se faire confiance, TOUJOURS ! 😀

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  3. Même si je ne porte pas Paris particulièrement dans mon coeur, je suis toujours, encore et désespérément en mode nostalgie de mes semestres dans de nouvelles villes exotiques (attends, Budapest c’est quand même à 2000km de chez moi!)(Oui, bon Nantes c’était à 250…).
    Une seule chose à dire donc ENJOY!
    (et fait toutes les expos sympas de ma part 🙂 (le drame de ma vie en ce moment étant que j’ai 26 ans dans trois mois et que donc j’aurais plus le droit au tarif -26 ans)(ma vie est dramatique)

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    • Oh oui compte sur moi ! Je commence samedi, et j’en ai d’autres de prévues 😉
      Budapest et Nantes, haaaaaaa … Coeur coeur coeur !
      L’horreur des 26 ans … Tu as toute ma compassion 😉

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  4. A chaque retour de Paris, je me dis que j’y habiterais bien (et pourtant je ne suis pas sure de supporter la capitale H24 et 7jours sur 7). Mais ton article résume bien, je trouve, les premiers jours dans une nouvelle ville, comme ce fut mon cas, il y a deux ans, et pourtant je peux dire maintenant que ce fut deux bien belles années (avec des hauts et des bas comme partout), et le premier soir, je pleurais (et j’appelais maman à la rescousse de mes larmes haha).

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    • Oui voilà, ce sont tous les changements d’un coup qui « bouleversent » un peu (même si ça reste un grand mot). La première fois que j’ai vécu seule, je cherchais tous les prétextes possibles pour appeler ma mère !

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  5. Sinon, si tu déprimes vraiment trop, j’habite pas très loin de Paris, et j’y viens souvent, si une après midi entre filles inconnues te branche 🙂
    Et bon courage pour ta nouvelle vie !

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    • Merci ! Bon en fait ça va, je suis bien entourée et mon stage se passe on ne peut mieux, ce n’était qu’une déprime passagère, mais merci pour ta gentille proposition, n’hésite pas à me le dire si tu passes à Paris bientôt 😉 (En revanche, il faut savoir que je suis un poil sauvage, ahem)

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  6. Anna, il faut que tu te dises : « Pour moi la vie va commencer… »
    Ton expérience à Paris va être sensationnelle et va t’ouvrir de belles portes!
    Allez fonce et éclate-toi! Pas de pleurnicheries, tu es grande maintenant!

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    • Hélas non, je ne suis pas grande. 😀
      Non mais comme je le disais, c’était juste mon premier jour, au bout d’une minute de stage je me suis sentie à l’aise, et tout se passe bien ! Merci quand même pour tes encouragements 🙂

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  7. Ah mais zut, j’avais jamais lu ta réponse ! Pas de problème pour les bonnes adresses (même si je pense que tu as commencé à découvrir 2-3 trucs depuis le début de ton stage :p). Après, ça dépend ce que tu veux/aimes faire… Tu aimerais avoir quel genre d’adresses? Des restos sympas? Des coins sympas à visiter maintenant qu’il fait beau? Des boutiques chouettes? En tout cas, n’hésite pas 🙂 Et alors rien à voir mais je viens de lire ton commentaire sur mon blog et j’ai un peu halluciné de voir que tu étais une ancienne juriste 🙂 Ca m’épate ! Et du coup, tu bosses dans la restauration d’après ce que je comprends? Mon copain vient du milieu, je connais bien ^^ C’est ton premier stage du coup? Tu es en école hôtelière?

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  8. Pingback: En fait le tram 33 n’existe plus | The sauce of my spaghetti

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