Dame pipi, épisode 3 : la drague en Crocs

Hé oui, les amis, hé oui ! Ma pilule a beau me faire gonfler comme une baudruche (et je me suis piquée la dernière fois en cousant, je dois être une baudruche très résistante parce que ça n’a rien changé), j’arrive encore à séduire, héhé.

Flapper héhé

Donc, j’étais parée de mes plus beaux atours (pour mémoire : blouse jaune en polyester, gants verts et Crocs blancs) (CROC BLANC HAHAHA) (pardon), et comme il faisait chaud j’avais mis un short. Et bon, quand je dis « j’avais mis un short », je veux dire « j’avais envoyé balader toutes les conventions sociales imposées par les magazines féminins », ce qui signifie plus particulièrement « je n’ai pas les plus jolies jambes du monde mais tant pis, et puis flûte pour la cellulite et les pwals qui repoussent, de toutes façons je ne rentre quasiment plus dans mon jeans pour traîner à la maison/nettoyer les déjections humaines parsemant mon lieu de travail ».

Donc, je passais la serpillière côté hommes, quand un fringant (non) quinqua (je pense), avec un T-shirt blanc moulant et un pantacourt blanc et une grosse chaîne en argent autour du cou m’examine de haut en bas, regarde mes jambes, regarde ma tête, re-regarde mes jambes, et me fait :

– Alors, vous travaillez ici pour l’été ?

(Non Ducon, je suis juste super maniaque et j’ai eu une pulsion de nettoyage)

– Oui oui, enfin juste pour le mois d’août. – Ah, d’accord. Et ça va, ça vous plaît ?

Ma foi oui, tirer la chasse pour les autres, et enregistrer les progrès en termes de visée des gens, c’est exactement ce que je voulais faire depuis toute petite, c’est vraiment une vocation chez moi.

– Oh vous savez, je suis déjà contente d’avoir du travail, et ça se passe plutôt bien, donc je ne me plains pas. – Ah oui, ah c’est sûr. Bon, ben bonne journée, hein !

Bon, jusque là, ça allait.

SAUF QUE.

Le lendemain, il est revenu.

Cette fois-ci, j’étais dans la loge, en train de bouquiner, quand il est venu toquer à ma porte :

– Bonjouuur ! Alors, ça va aujourd’hui ? Qu’est-ce que vous lisez ?

Du coup je lui ai montré la couverture :

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(je vous la montre aussi pour ajouter un peu de réalisme saisissant à votre lecture) et il a fait « oh mais c’est un tout petit livre, ça, il faut en lire des plus gros ! ». J’ai répondu « oui je sais, c’est pour ça que j’en ai deux autres dans mon sac, comme ça je suis sûre d’avoir de quoi lire pour toute la journée » (sans déconner, c’est un recueil de nouvelles, pas Guerre et Paix). Après il a dit :

– Ah mais je peux vous apporter des livres, si vous voulez !
– Oh c’est gentil mais j’en ai plein chez moi, je suis obligée de les entasser un peu partout dans ma chambre parce que je n’ai plus de place dans ma bibliothèque, vous z’en faites pas pour moi, j’ai de quoi faire !
– Ah, bon. Et c’est quoi, votre prénom ?
– Anna.
– Anna ! Oooh c’est joli, c’est pas courant, c’est … (NDM* : je ne m’appelle pas Anna en vrai) (Et j’ai vraiment un prénom rare) Eh ben moi, je m’appelle Frédéric.
[*Note de moi]

ALLELUIA C’EST UN SIGNE DE DIEU JE VAIS POUVOIR M’EN DÉBARRASSER.

– Ah c’est marrant, mon copain aussi s’appelle Frédéric ! (<= le signe de Dieu ou n’importe qui d’autre, je ne suis pas regardante)
– Hahaha au moins si on a une relation, vous ne risquez pas de confondre !
– Hahaha oui c’est sûr, oui ggggggnnnnn pitié pitié sortez-moi de là j’ai rien fait c’est pas de ma faute

owl-facepalm

Ffffuuuuuu, je l’aurai mérité, mon salaire.

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29 réflexions sur “Dame pipi, épisode 3 : la drague en Crocs

  1. Peut-être devrais-tu mettre bien en évidence des manuels médicaux sur les différents types d’herpès et la cicatrisation des croûtes, le « SCUM Manifesto » de Valerie Solanas, ainsi que des ouvrages sur le IIIe Reich et des tueurs en série de ton choix à son prochain passage…

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    • Oh mais je ne m’en fiche pas, je suis toujours ravie d’apprendre qu’il existe une personne de plus susceptible de ne pas lire le recueil de citations de Nabilla 😀

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  2. Oh la la j’attends la suite avec impatience !!!
    M’est avis qu’il va revenir… Avec ses gros sabots et un nouveau stock de vannes éculées. Et qui sait, peut-être avec une pile de livres sous le bras… Au moins l’intégrale de Balzac. Car oui, je lui trouve un côté romanesque qui n’aurait pas déplu à Honoré. La Comédie humaine n’a jamais aussi bien porté son nom. C’est poilant, si je puis dire.

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    • Ahhhhh déception… Enooooorme déception ! On tenait là un champion du monde toutes catégories… Pourvu qu’il fasse le tour de toutes les toilettes publiques de la ville à ta recherche !

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    • Du courage, oui… Et quelques bouteilles d’eau ou d’une quelconque boisson diurétique… Histoire qu’il ait au moins un peu envie de pisser toutes les 5 minutes.
      Mais ne sous-estime jamais une bête aux abois… Il le sent, que c’est sa dernière chance de te retrouver… Moi je dis qu’avant midi, tu le verras débarquer !

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  3. J’en ai eu des gratinés des relous en Juin. Dans les mémorables, j’ai eu celui qui est resté plus d’une demie-heure et qui tenait à me donner son numéro pour « quand je serais libre », celui, gentil mais lourd, qui est resté une heure à parler en monologue, et surtout, celui de 50+ qui puait la transpiration, qui tenait à me faire la bise, « qui rodait autour » (dixit lui-même) et qui voulait « juste boire un verre. Les jeunes aujourd’hui ils ne pensent qu’au sexe! Après si vous dites oui je suis pas contre »
    Je compatis 😉

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    • Existe-t-il encore des gens qui draguent normalement ? 😦
      Je crois que le dernier type « normal » (= pas complètement relou) qui m’a draguée, c’était Grédéric !
      DSK est passé dans ton coin, en juin ? 😀

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  4. Comme je suis curieuse, j’ai cherché sur le net et c’est là que j’ai appris que Les oiseaux est « le récit qui inspira son chef-d’oeuvre au maître de l’angoisse, Alfred Hitchcock ».
    Sur le coup je me coucherai moins bête ce soir et je me retrouve avec un livre de plus dans mes idées d’achats, merci ^^.

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  5. Ah oui, c’était un lourd de chez lourd celui-là ! Aha. J’aime beaucoup ton humour dans la façon de raconter, j’ai lu tes trois épisodes de dame-pipi…

    Je comprends un peu ce que tu as pu ressentir parce qu’il y a 3 ans j’ai du travailler un an comme femme de ménage, pardon « technicienne de surface ». A la base c’était pour payer mes études à la FAC, mais entre temps j’ai rencontré mon chéri, on a emménagé ensemble, tout ça, tout ça… Bref. Je nettoyais aussi des sanitaires en ville en plus de la bibliothèque et de la police municipales. Et je connais les collègues qui te tirent dans les pattes par derrière, très bien même ! J’ai fait ça un an… Se lever à 4h du matin et traverser la ville à pied même quand il neige, boooouh. Mauvais souvenirs.

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    • Tu m’étonnes … En même temps, vu comme la plupart des usagers me traitaient/considéraient, j’ai fini par comprendre que les autres se tirent dans les pattes pour être mieux vues du chef – parce que finalement, c’est tout ce qu’il reste … C’est vraiment triste :/

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