Papa, outragé ! Papa, brisé ! Papa, martyrisé ! Mais Papa … Ah bah, en fait non.

Figurez-vous qu’au début du mois, mon père s’est fait larguer.

Enfin presque.

En fait, ma mère est juste partie dans le sud déposer mon petit petit frère sur son lieu de stage, avant de passer quelques jours chez une copine, mais franchement, vu la réaction papaspaghettiesque, ça revenait au même.

52148757942C’était à peu près la même chose.

Dimanche
Départ de Chonchon et Maman Spaghetti. Mine désespérée de Papa Spaghetti, « allez on va au Flam’s pour marquer le coup, c’est la première fois qu’on se retrouve seulement tous les trois ! » « Bah non, quand Maman était à la maternité pour Chonchon, on était tous les trois, aussi …  » « Oui, mais, mais, ça fait QUINZE ANS ET DEMI ! » Bon. Va pour le Flam’s (haut lieu de la gastronomie alsacienne s’il en est).
Notons que Papa S. s’est oublié jusqu’à me demander des nouvelles de Grédéric (qui fait pourtant partie du top 3 des sujets tabous à la maison, avec mes études et mon travail) – il s’est heureusement repris quelques instants après. A tout de même retrouvé une certaine joie de vivre après avoir dit du mal de la voiture de Maman S., tellement moins bien que la sienne.

Lundi
Apparemment, Papa s’attend à ce que le linge saute de lui-même dans la machine à laver (après s’être trié tout seul comme un grand).

– Papa, y’a quoi pour ce midi ?
– Ben, t’as pas déjà mangé ?
– Euh … Non …
– Mais hier tu m’as dit que tu ne mangeais pas à la maison ce midi, et comme tu n’étais pas là midi j’ai pensé que tu mangeais ailleurs !
– Bah j’étais au travail, donc forcément j’pouvais pas être là … Et tu m’as demandé hier soir si je mangeais à la maison ce midi, je t’ai dit oui, et Louis-Maximilien aussi …
– Ah bon ! Ah, bah j’ai pas retenu …

(J’avais pas remarqué)

Mardi
– Anna, c’est toi qui es allée acheter du bacon ?

Non non, il s’est directement téléporté depuis le Monoprix …

P.S. a préparé le repas – des ravioles fraîches, sans sauce – a du être échaudé par nos réactions plus que dubitatives depuis la dernière fois qu’il a fait à manger (pâtes, dinde à la sauce tomate, sauce elle-même relevée de piment de Cayenne et de clous de girofle).

Mercredi
N’a jamais marché en faisant autant traîner ses pantoufles dans le couloir. Continue ses bruits pour se dégager la gorge, légère envie de courir vers lui avec un cutter et de hurler « bouge pas t’as besoin d’une trachéo je m’en occupe ! ».
Note : le linge ne se lave toujours pas de lui-même, et ne saute pas non plus spontanément de la machine au Tancarville.
En revanche, pour transférer le paquet de Haribo dans la bonbonnière de l’entrée, bizarrement, là y’a du monde.

-1Continuons dans l’illustration métaphorique mais néanmoins
pertinente, si vous le voulez bien.

Jeudi
Les courses ne se faisant hélas pas toutes seules (comme en témoigne le bacon cité plus haut), j’achète de quoi préparer une salade de tomates pour le repas du soir. Appel à 18:15 de l’autorité paternelle, qui rapporte de la charcuterie (dégueulasse) du bureau, dont nous dînerons ce soir (avec du pain et du fromage). Bien bien bien. Mais surtout … MAMAN SPAGHETTI EST DE RETOUR !

Hélas, le linge ne migre pas automatiquement du Tancarville à la planche à repasser.

Vendredi
Pardon ? Maman Spaghetti étant de retour, vous pensiez que tout s’arrêtait là ? Que nenni, mes amis, que nenni ! Maman S. nous ayant abandonnés pour aider à la mise en place du matériel pour la fête du lycée, j’ai décidé vers 19:40 de me coltiner la préparation du repas – des tomates sur leur lit de feta, sublimées par des herbes de Provence, et une vinaigrette à l’huile d’olive et au vinaigre balsamique pour éviter un côté premier degré, tout en conservant une certaine cohérence de l’ensemble (#stratégie).

– Ah, t’as préparé le repas ? Qu’est-ce que t’as fait ?

Bah chépa, t’as un saladier de morceaux de tomates et de feta sous les yeux, a priori c’est pas du boeuf bourguignon, quoi …

Papa S. m’a complimentée sur ma vinaigrette – sur le même ton que celui qu’a du employer le pauvre bougre chargé d’annoncer à Hitler qu’ils s’étaient bien fait fumer, et que les Alliés avaient effectivement débarqué en Normandie.

Salade mangée avec moult bruits de bouche (du type saliveux, *schliap schliap schliap*), afin que nous n’oubliions pas que nous dînons avec un presque quinquagénaire honteusement abandonné par sa femme.

pornSi ça se trouve, Papa Spaghetti était un mouton qui a rétréci au lavage dans une autre vie, ce qui expliquerait de manière pertinente sa volonté de laisser le linge s’empiler ?

En conclusion : j’y ai mis le temps, mais j’ai fini par comprendre pourquoi Maman Spaghetti a toujours insisté pour me/nous prendre une baby-sitter pendant ses séjours à la maternité.

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15 réflexions sur “Papa, outragé ! Papa, brisé ! Papa, martyrisé ! Mais Papa … Ah bah, en fait non.

  1. OMG les mecs… C’est déprimant… J’ai a peu près le même à la maison, sauf qu’il a 25 ans, et ça fait peur… Lui aussi pense que le linge dispose de sa vie propre (jeu de mots, Ramucho !!) ou bien que des Lilliputiens l’amènent de la corbeille au lave-linge, puis au sèche-linge, puis le plient et le rangent. Dernière en date, je le serine pour sa déclaration d’impôts « Je la ferai quand j’aurai le temps et l’énergie (oui mon chéri, c’est une très bonne raison, validée par les impôts ; tu n’auras pas les 10% à payer dans ce cas). De toute façon par internet on a un mois de plus (c’est d’ailleurs pas comme si on était fin juin, et puis tu as même jusqu’à Noël si tu donnes ta déclaration au Papa Noël, c’est une dérogation rien que pour toi) » T_T

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  2. La dernière fois que mon père a fait à manger (j’étais encore en maternelle), j’ai pu déguster un bifteack trop cuit accompagné de haricots rouges sortis de la boîte. Un festin. Sinon, je pensais qu’il n’y avait que ma mère pour dire « un tancarville » – ayant renié mon statut d’immigrée normande sur la côté méditerrannéenne, je dis maintenant « un étendoir » (sinon personne ne comprend ici) (z’ont jamais vu le pont, faut dire).

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    • HAHAHA ! Une fois j’ai demandé à mon père de me coiffer (ma mère était à la maternité, donc, et j’avais 5 ans), il n’a pas été fichu de mettre une barrette en place … Mais sinon, il fait bien les crêpes.
      Pour le Sud je ne sais pas, ma mère est Corse et a toujours dit « un tancarville » … Mystère !

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  3. En fait non, nos parents ne sont pas tout à fait interchangeables 😀 Le mien est ce qu’il y a de plus autonome (a part pour la lessive, je reconnais) quand ma mère n’est pas là.

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    • Le mien se laisse complètement mourir … Alors que franchement, ma mère est partie moins de cinq jours ! Imagine si elle avait fait pareil chaque fois qu’il est parti en manoeuvre ou en mission à l’étranger ? On aurait grandi en foyer social ! ^^

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    • Ah ! Mon blog aura au moins une fois servi à quelque chose !
      (Merci ! Ma mère repart une semaine fin juillet, je sens qu’on va bien rigoler) (ou pas)

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  4. Anna, je te remercie : en t’abonnant à ma page Hellocoton, tu m’as permis de découvrir ton blog et je me régale ! Tu écris merveilleusement bien et je sens que ça va être un plaisir de te suivre et de te lire !

    Bises
    Isa

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