My boss is bigger than yours

Je t’ai déjà parlé de Big Boss et de ses réunions à deux balles, pendant lesquelles il nous explique que nous devons nous placer de ponctualité (forcément, il nous a sorti ça pendant la seule réunion à laquelle il est arrivé en avance, et comme il était en avance, c’est nous qui étions en retard), mais aussi dans une dynamique de réussite (des fois il parle aussi des convivialité, mais comme en général je plane un peu, je ne peux plus vous dire à propos de quoi c’était).

Le problème c’est que des fois, il décide d’être sympa avec son personnel, genre il s’intéresse à notre travail, tu vois.

C’est comme ça qu’un mercredi matin (genre, à l’heure où blanchit la campagne, heure à laquelle il faut vraiment s’appeler Victor Hugo pour réussir à faire gober à des générations de personnes que des gens sortent vraiment de chez eux à cette heure-ci) (résultat, c’est comme ça que la SNCF et les compagnies aériennes font partir leurs engins à des heures indécentes) (bravo la poésie, BRAVO !), alors que je tentais tant bien que mal de ne pas montrer que j’aurais aimé terminer ma nuit là tout de suite contre la rampe d’escalier, Big Boss est arrivé tout sourire, visiblement déterminé à faire preuve d’intérêt envers ma vie professionnelle (ou alors il s’était rendu compte qu’il était allé trop loin deux jours avant, et il a voulu rattraper sa bourde avant que je le traîne devant les prud’hommes) (TOUJOURS se méfier d’une étudiante en droit, les gens, TOUJOURS.) (Même si franchement, je commencerais pas lui coller l’inspection du travail sur le dos tellement il y a de choses auxquelles on pourrait trouver à redire) (mais enfin, je n’en suis pas encore à m’offrir un séjour à Londres grâce à des dommages et intérêts versés par Big Boss, donc revenons à nos moutons si vous le voulez bien) (mais sinon des Louboutin ça ira aussi, faut pas croire).

Bref.

Big Boss s’est donc avancé tandis que je cessai, bien à regret, de me décharger du poids de la vie sur mon amie la rampe, m’a saluée, et s’est enquis de la situation :

– Alors donc là, les jeunes viennent déposer leur sac, c’est ça ?

Ah c’est à dire que non, la salle s’appelle « la salle des sacs » depuis au moins dix ans (puisqu’il y a dix ans, j’étais élève et lui était déjà Big Boss), mais en vrai ils viennent chercher une boisson chaude et une viennoiserie pour bien commencer la journée.

(En même temps, Big Boss c’est aussi celui qui croyait que j’étais amoureuse d’un collègue, attirée par sa « maturité due à notre différence d’âge » – faut juste qu’on m’explique où se trouve la maturité d’un type de 26 ans, marié avec un gosse qui bosse à mi-temps, vit encore aux crochets de ses parents et beaux-parents, et qui va au resto malgré les fins de mois difficiles parce que « oh j’en ai marre de manger des sandwiches de la boulangerie, donc avec ma femme on s’est fait un bon p’tit resto hier midi ».) (Lol) (En plus il était moche) (le collègue, pas Big Boss) (parce que Big Boss en costume pattes d’éph’ en velours côtelé, ça fait trop frétiller la culotte de la ménagère de moins de vingt-cinq ans, t’imagines même pas)

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