Glouglou pif paf pouf boum (ça se sent, que je ne trouve pas de titre, ou ça va encore ?)

Cher peuple, tu sais à quel point j’aime vivre dangereusement, faire de chaque instant une aventure … en bref, sentir le vent de l’héroïsme ébouriffer mes cheveux, me sentir grandir à l’idée d’entrer dans l’histoire.

Ce que je veux dire, c’est que je prends régulièrement le tram aux heures de pointe.

Il faut savoir que l’arrivée sur le quai de la station peut déterminer mon humeur pour une journée entière. Par exemple, quai noir de monde = devoir laisser passer quatre ou cinq trams = arriver avec dix minutes d’avance à la fac = ne pas pouvoir m’asseoir où je veux dans l’amphi. (Oui parce que quand la ville a lancé une nouvelle ligne de tram, et pour fournir les trams nécessaires à son fonctionnement, elle a décidé d’amputer les trams préexistants de quelques wagons à chaque fois. D’où des trams moitié plus courts sur les lignes desservant la gare, le campus universitaire, quatre collèges et cinq lycées) (LOL, un peu). Mais bon, ça c’était surtout l’an dernier. Parce que maintenant j’arrive plus tôt, je prends le premier tram qui passe, j’arrive à la fac avec vingt-cinq minutes d’avance et il faut que je demande à une femme de ménage de m’ouvrir la salle de cours encore verrouillée, mais au moins j’peux choisir ma place (je dirais même : MA place).

On pourrait croire que je suis une petite fille pourrie gâtée pour qui prendre le tram est une épreuve depuis que Pôpa ne la dépose plus à l’école, mais en fait non : j’aime bien prendre le tram, le seul problème, ce sont les gens (les gens sont toujours souvent un problème pour moi) (en plus mon père oubliait régulièrement de me déposer à l’école, alors bon).

Les gens au téléphone, déjà. Parce que non seulement j’aimerais bien terminer ma nuit/faire la sieste dans le tram, avantageusement maintenue de tous côtés par la foule qui ne s’élance ni ne danse, bien qu’elle et moi ne formions qu’un seul corps, mais en plus savoir que « OUAIS ALORS TU VOIS J’AVAIS MIS MA ROBE NOIRE TU SAIS CELLE QUE J’AI ACHETÉE AVEC JEANNE-MARCELLINE SAMEDI DERNIER » etc. me passe complètement au-dessus, surtout quand j’ai le bonheur d’entendre un petit accent wesh-wesh des banlieues alsaciennes (« WESH ZYVA J’LUI ÉÉÉÉ DIT À CE FILS DE PUTE D’ENCÛLÉ D’ALLER S’FÊÊÊRE FOUTRE »). Le pire restant quand même le/la wesh-wesh beuglant dans son téléphone et mastiquant du chewing-gum. Mais je ne les critiquerai pas trop, parce que eux au moins voient les choses en grand, et qu’il ne faut jamais décourager les gens qui ont de l’ambition et se donnent les moyens de réussir.

Les gens qui gigotent, ensuite. Par exemple, le type de mon amphi qu’on croirait échappé d’une fac de sciences humaines (dreadlocks, fringues de baroudeur qui n’a jamais quitté le XVIe, tongs), qui n’est pas comme tous les étudiants tu vois, du coup quand il téléphone, il sautille d’un pied sur l’autre d’avant en arrière, en pliant les genoux et en moulinant des bras. Peut-être qu’un jour moi aussi j’aurai le cool en moi et j’arrêterai de vouloir attendre le tram sans risquer de me faire éborgner – mais je ne vous cache pas que j’ai peu d’espoir d’y arriver. (Enfin, peut-être qu’il n’est pas cool et que ce sont juste les vers grouillant et gigotant dans ses dread qui le chatouillent, allez savoir)

Mais je vais m’arrêter là, sans m’étendre sur les gens avec poussette/en fauteuil roulant/avec un vélo qui ne se disent pas qu’essayer de monter dans un tram bondé sera compliqué tant que les mentalités n’auront pas changé et que les gens ne s’entasseront pas les uns sur les autres pour leur laisser de la place, pas plus que sur ceux qui essayent de monter dans le tram, ne trouvent pas de place, donc rentrent un bras et un pied dans le wagon en se disant que peut-être, miraculeusement, le reste du corps va entrer aussi (l’optimisme, en ces temps de crise, est une valeur qu’il ne faut remettre en cause à aucun prix), ni des gens qui s’agglutinent autour des bornes de validation des tickets et cartes, sans bouger, et râlent quand on leur demande de se pousser pour valider son titre de transport – à croire que prendre les transports en commun sans frauder, c’est so le siècle dernier (mon « ta gueule, connard » marmonné au type qui pestait parce que je voulais valider ma Badgéo était, lui, tout à fait dans l’air du temps – notez qu’un « casse-toi pauv’ con » aurait fait très « vintage sarkozie », tandis que cette réponse des plus constructives contenait pile ce qu’il fallait de vulgarité, de restriction (dans la mesure où j’aurais pu dire « ta gueule connard j’t’emmerde bouge ton cul putain tu fais chier », mais il est très mal perçu d’étaler ses richesses actuellement, c’est pourquoi j’ai préféré faire profil bas) et de mauvaise humeur on ne peut plus française).

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17 réflexions sur “Glouglou pif paf pouf boum (ça se sent, que je ne trouve pas de titre, ou ça va encore ?)

    • Mouais… On va dire ça, hein.
      C’est bien passke tu me fais rire.
      J’aurais pu relever la petite pique (« depuis le temps… »), car oui, ça fait bien longtemps que j’ai quitté la fac. Mais non, je ne relèverai pas. J’ai pas compris qu’est-ce que t’as voulu dire.

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    • Ah si, je badge, c’est mon côté discipliné (voire psychorigide). Mais bon, j’avoue avoir fraudé trois fois cette année – une fois à 7h15 le matin, les autres à presque 22h (parce que j’étais sûre à 99% qu’il n’y aurait pas de contrôleurs).

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  1. Arf… Je compatis… Les petites vieilles qui te poussent en grommelant, les gens qui hurlent au téléphone, les gamins qui crient en te piétinant, les wesh-wesh qui prennent 4 places chacun (ouaih la révolte tu vois) et se trouvent si drôles à brailler comme des porcs, les gens bourrés, ceux qui puent, les tarés… Oui c’est vraiment le bonheur les transports en commun !! T_T

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  2. Ton texte réveille la navetteuse que je fus… Parce que dans le train, c’est pas triste non plus. Surtout quand on doit se coltiner le trajet Liège-Bruxelles (1h) debout parce qu’il n’y a pas assez de places assises pour tout le monde dans les 12 (douze !) wagons qui partent dans les deux sens deux fois par heure.
    (le problème de fond n’étant pas tant le manque de place que le nombre incalculable de gens qui fait le trajet Liège-Bruxelles chaque jour parce que le Liégeois est fidèle à son fief) (c’est là qu’on se dit que le télétravail, c’est pas pour les chiens)

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  3. Moi qui ai tenté les transports en commun pour aller à mon boulot, j’ai dû constater avec grande déception que je mettais plus de temps à prendre deux trams qu’à prendre ma voiture… Rajouter à cela la flotte qui tombe souvent dans notre pays et le temps d’attente du retour, j’ai repris ma voiture… Dommage, j’aime bien les transports en commun !
    (Sinon, ton absence d’imagination pour le titre sent très fort mais on s’en fiche =D)

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    • Ha oui, c’est gênant ! Mais comme je n’ai pas de voiture, et que le centre ville est un enfer quand on est véhiculé, je garde mes trams pas toujours performants 😉

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    • Oh j’ai déjà testé, rassure-toi ! (Et mon constat est que provincial ou parisien, l’emmerdeur du transport en commun est à peu près le même partout)

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