Fifty Shades of Grey, ou l’histoire d’un carwash qui rencontre du papier alu

Ou plus classiquement, l’histoire d’une jeune étudiante bientôt diplômée (Anastasia Steele, dite Ana) (tant d’originalité me confond) et de Christian Grey, un chef d’entreprise multi-millionnaire – voire multi-milliardaire (parce que c’est sûr qu’un facteur, ç’aurait été moins sexy). À côté de ça, Anastasia a une inner goddess hyper expressive, se mord la lèvre sans s’en rendre compte, rougit tout le temps et serait hyper riche si on lui filait $1 à chaque fois qu’elle dit Jeez ou Oh my. Christian, lui, est un Dominateur (avec une majuscule) qui penche la tête sur le côté, serre les lèvres qui forment une ligne dure (faudrait pas qu’il y ait un courant d’air, il risquerait de rester coincé comme ça) et n’est pas ouvert à la négociation en termes de sexe et de soumission – sauf quand il s’agit d’Anastasia, parce qu’il faut bien remplir les pages entre deux scènes de cul.

Le cul, justement, parlons-en. Les scènes de sexe sont tellement bien décrites qu’elles m’ont fait froncer les sourcils (eh oui, moi aussi) à l’idée que hum, mon verre est presque vide, tiens il faudrait que je me sèche les cheveux avant que le frangin se couche, et d’autres trucs super passionnants dont vous n’avez même pas idée. À part ça, Ana est continuellement wet (d’où le car-wash) (bon, et aussi parce qu’elle est toujours d’accord pour que son mec y fasse entrer sa petite voiture) (houlala quelle coquine je fais !), Christian a un pénis hyper long (je ne crois pas avoir vu quelque chose sur la largeur, mais je m’étais peut-être endormie), ça baise environ toutes les quinze pages (sauf au début, il faut quand même attendre 112 pages, je ne vous cache pas que je commençais à douter de l’aspect érotique du schmilblick), et bien sûr il y a un orgasme à la clé à chaque fois. Sinon, Christian arrive à se répandre en Ana (traduction approximative depuis une syntaxe approximative) alors qu’il a mis un préservatif – tu vois à quel point il est balèze, ce type, et Ana explose autour de lui (virtuellement, hein) à chaque orgasme.

Ceci dit, la plus grosse incohérence reste (à mon sens) dans l’énumération des cadeaux reçus par Ana : un MacBook Pro, mais un BlackBerry. Humhum. (Oui, bon, ça va)

En revanche, là où Ana donne une bonne leçon à ELLE, c’est qu’elle a réussi à se dégotter un type plein aux as qui la couvre de cadeaux sans qu’elle ait besoin de cimenter quoi que ce soit.

Et sinon ? J’ai poussé un ouf de soulagement en arrivant à la dernière page du bouquin. Parce que quand même, 511 pages de « oui d’accord je ferai ce que tu veux, mais bon en fait je n’en fais quand même qu’à ma tête, ouhlala tu vas me punir, allez viens on se réconcilie sur l’oreiller », c’est fatigant. Le tout manque de profondeur, c’est plat, terne, répétitif, en plus de ne pas être très bien écrit (pour autant que je puisse en juger). L’héroïne n’a pas pour deux sous de bon sens, le héros est un égocentrique tête à claques et l’autre cruche (l’héroïne, donc) qui encaisse tout sans presque broncher sans chercher à voir plus loin que le bout de son nez … Pfuit.

Bon, et maintenant je vais acheter les deux autres tomes. (Naaaan, j’rigole) (quoique …)

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19 réflexions sur “Fifty Shades of Grey, ou l’histoire d’un carwash qui rencontre du papier alu

  1. Le jour où l’héroïne est une dominatrice, le bouquin pourra devenir intéressant…
    Par contre, il est à remarquer que le bouquin est un best-seller (et les lecteurs sont des lectrices) : les femmes sont-elles, dans leur majorité, des soumisses ? C’est vraiment triste…
    Bref, je n’ai pas lu le bouquin et ne compte pas le faire ! 🙂

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    • Ca doit plutôt être le côté pseudo sulfureux du BDSM qui est évoqué (genre quand Ana jouit après s’être pris des coups de cravache sur le clitoris) qui émoustille la ménagère de moins de cinquante ans …

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  2. Je me demande quelle sera la teneur de l’intrigue dans les tomes suivants… Et si Christian avait des problèmes d’érection ? Ou pire : et si, suite à un choc émotionnel (une panne – une seule et unique – de Christian par exemple), Ana devenait totalement frigide ?

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    • Il me semble qu’Ana et Christian vont se marier, avoir des enfants et surmonter des épreuves dont tu n’as même pas idée (genre retour d’ex soumises, tentatives d’assassinat et tout et tout), et Ana va guérir Christian de ses penchants SM. Ceci dit, je ne me sens pas le courage de m’enfiler mille autres pages pour répondre à ta question 😀

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    • Hum hum… Tu choisis bien tes mots en tout cas… Non non, je t’en prie, ne t’enfile pas toutes ces pages qui doivent être toute collantes (je le suppute) simplement pour répondre à ma question. Je ne voudrais pas que suite à cette épreuve tu verses irrémédiablement dans le masochisme le plus débridé.

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    • Pfuit, je suis beaucoup trop douillette pour être soumise (en plus d’avoir un trop mauvais caractère), et trop flemmarde pour finir dominatrice !
      (Et je n’ai même pas fait gaffe à mon vocabulaire, j’aurais du)

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  3. Pas trop ma tasse de thé ce genre d’histoires et comme tu n’as pas l’air trop convaincue, je crois que je vais passer mon tour ! 😉

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    • Disons que ça manque de talent. C’est dommage, il y a des passages qui m’ont fait sourire, mais globalement j’ai plutôt envie de lever les yeux au ciel en soupirant.

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  4. Cela me fait penser à cette liste remarquable rédigée par une lectrice de « 50 shades of Grey » qui connait bien le milieu BDSM, elle (contrairement à l’auteure)
    http://homoarigato.tumblr.com/post/27292331930/fifty-things-wrong-with-fifty-shades-of-grey
    (ou « 50 raisons de ne pas lire ce livre », parmi lesquelles « 45. Generally terrible writing »)

    En même temps, qu’attendre d’un roman dont l’idée est partie d’un forum de « fan fiction » autour de « Twilight », hein, hein, hein ?

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    • J’avais entendu dire que c’était … heu … pas tip-top, mais j’avoue que je ne m’attendais pas à un truc aussi médiocre …

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  5. Alors là, c’est dingue, je viens justement de le débuter aujourd’hui et je ricane (gentiment) déjà. Ceci dit, c’est exactement ce que j’en attendais, donc cela m’amuse énormément!
    Au passage, merci pour le « elle a réussi à se dégotter un type plein aux as qui la couvre de cadeaux sans qu’elle ait besoin de cimenter quoi que ce soit » qui m’a juste fait mourir de rire!

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    • C’est vrai que j’aime bien le coup de l' »inner goddess » (bien que le nom … aheum), un peu comme dans certains dessins animés (ou ma petite voix intérieure :D). C’aurait pu être très bon, dommage que ce soit si mal fait :/

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  6. Bonsoir,

    Alors c’est la première fois que je commente car ton commentaire très sincèrement me pose problème. Le soucis c’est pas le fait que tu as détester, c’est le fait que tu portes un jugement sur les 3 livres alors que tu n’as lu que le premier. J’ai lu les 3 livres par simple curiosité je l’avoue. Je n’ai jamais lu ce genre de livres étant une adepte de la littérature classique( d’ailleurs, mon auteur préféré c’est Shakespeare, donc on est loin de ce genre ). Je ne donne JAMAIS mon avis sans avoir lu un livre, c’est irrespectueux.
    Bien sûr ce n’est pas le livre du siècle et parfois c’est répétitive mais qui a dit que l’auteur a eu la prétention d’écrire le meilleure livre de l’année? Moi je suis contente qu’une femme qui écrivait par simple passion ait pu être publier. De plus, si ces livres peuvent redonner l’envie de lire à certaines femmes, je dis que c’est génial car la lecture peut apporter beaucoup dans une vie.
    Le livre comporte des erreurs et beaucoup de sexe mais sincèrement ce n’est pas ce qui a retenue mon attention. J’ai appris beaucoup de chose en lisant cette histoire.
    Tout d’abord, ce livre m’a permit de découvrir le bdsm. Avant de lire ce livre, pour moi il s’agissait simplement d’une déviance de l’humanité. Je sais c’est très réducteur comme opinion. Après avoir lu les 3 livres, je comprends mieux ce que ce mode de vie peut apporter à quelqu’un et pourquoi certains choisissent ce mode vie.
    Ensuite, je trouve que les bouquins sont le reflet du comportement de l’être humain lorsqu’il est amoureux. Ce livre exploite le thème universel: qu’est-on prêt à faire par amour? Donc, même si le SM est quelque chose de très éloigné de mon mode de vie,j’ai pu me retrouver dans le comportement des protagonistes.
    Enfin, ce que je retiens de ce livre, c’est qu’on peut aimer comme moi Shakespeare avec passion et s’ouvrir à de nouveaux genres littéraires! Désormais, je ne me limite plus aux ouvrages classiques et j’ai décidé de m’ouvrir à tout les genres car oui j’ai apprécié lire Fifty Shades of grey, darker et freed.

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    • Si tu lis attentivement mon billet, tu verras que je ne parle que du premier tome, et non des deux autres 🙂
      Et c’est chouette pour toi si ces livres ont été une révélation, mais cela ne me fera néanmoins pas changer d’avis à ce sujet.

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  7. Pingback: From hell | The sauce of my spaghetti

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