J’ai encore succombé à la littérature para-austenienne

(j’aime bien utiliser des termes techniques dans mes titres, ça donne de suite une caution scientifique à mes propos)

J’ai profité de mon séjour à Londres (hé au fait, je vous ai montré les photos d… Hein ? Oui bon d’accord, j’arrête avec ça) pour acheter quelques livres (pas trop, c’est moi qui devais porter ma valise dans les escaliers), dont le fameux Death Comes to Pemberley sorti il y a quelques semaines en France (en beaucoup plus cher) sous le titre La mort s’invite à Pemberley. Il s’agit d’une suite au fameux Orgueil et Préjugés de la non moins fameuse Jane Austen (mais, si vous savez ? Celle qui faisait de la chick-litt au XIXè !)

Alors ? vous demandez-vous, haletants, les mains moites, le coeur battant la chamade, ce bouquin vaut-il le détour, ou n’est-il qu’une énième potentielle cause de tous les ulcères post-mortem que cette chère Jane a du attraper ?

Eh bien, oui.

J’irais même jusqu’à prendre un air appréciateur pour dire qu’il n’est pas mal du tout, pour une suite de P&P. L’intrigue est plutôt bien ficelée : la veille d’un bal organisé par les Darcy, Lydia débarque soudainement à Pemberley, hurlant que son mari a été assassiné dans la forêt. Après quelques recherches, il s’avère que Wickham est tout ce qu’il y a de plus vivant, bien qu’un tantinet alcoolisé – contrairement au capitaine Denny, qui l’accompagnait. Que s’est-il passé ? Wickham est-il l’assassin, comme il le répète ? Mystère mystère …

Ajoutez à cela un dénouement plutôt surprenant (si on se doute de qui n’est pas le coupable, la réponse m’a surprise), qui aurait peut-être mérité d’être un peu plus développé, des descriptions qu’Austen n’aurait pas reniées, une évolution des personnages cohérente avec l’oeuvre originale, quelques références à Emma (♥) et Persuasion (♥♥♥ x beaucoup) … Léger bémol : dans les premières pages, l’auteur insiste un peu trop – à mon goût – sur le fait qu’Elizabeth a parfaitement assimilé son rôle de maîtresse de Pemberley, à quel point elle fait ça sérieusement etc : OK, c’est bon, on s’en doutait, pas besoin de s’étendre dessus (à moins qu’une subtilité m’ait échappé, ce que je n’exclus pas).

Enfin, la VO est tout à fait abordable : j’ai lu le livre assez rapidement, sans franchement avoir besoin de mon dictionnaire (et je suis loin d’être bilingue).

(Point juristes : p. 165, Fitzwilliam se paye la tête de Darcy et lui explique qu’instaurer un procès en appel finirait pas conduire une cour étrangère à juger des affaires anglaises, ce qui conduirait à la fin de tout le système judiciaire anglais. MOUAHAHA !) (Point non juristes : c’est une référence à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, à laquelle les Britanniques sont réputés n’être pas très favorables)

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4 réflexions sur “J’ai encore succombé à la littérature para-austenienne

  1. Mais c’est que ça m’a l’air presque aussi bien que « La valise en carton », ça !

    (cette remarque est à classer dans la série « Ça me fait de la peine de laisser cet article sans commentaire »)

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    • Ton auréole m’éblouit ! 😀
      (Enfin je te rassure, je vis très bien l’absence de commentaires (heureusement, je serais mal barrée sinon !). Même si bon, je préfère quand il y en a, j’ai l’impression d’être super pertinente et tout)

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  2. Cette suite n’a pas l’air trop décevante donc peut-être que je vais m’y plonger à mon tour comme toi ! Comme quoi ça peut être surprenant…

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