La fin du piège tabou à pions qui fait crac-boum-huuuuuu

Chose promise, chose due (enfin, avec quelques jours de retard mais bon voilà en fait hum bref) : dernier volet de la typologie des parents d’élèves (enfin, sauf si après je me rends compte que j’en ai encore oublié) (ou si de nouvelles espèces apparaissent, ce qui ne m’étonnerait même pas), avec les parents travaillant dans l’établissement où est scolarisé leur enfant.

En général, le PSESE (Parent Salarié dans l’Etablissement où est Scolarisé Son Enfant) n’hésite pas à utiliser son statut pour obtenir un avantage à sa progéniture. C’est même quasiment une obligation morale qu’il a envers lui-même et envers la société – d’ailleurs, regarde bien, là, dans le Code pénal : « tout parent salarié dans l’établissement où est scolarisé son enfant et ne profitant pas de la situation encourt une peine à perpétuité d’amabilité spontanée avec le personnel surveillant. » C’est qu’on ne rigole pas avec la justice, en France.

Par exemple, le PSESE pourra s’amener la bouche en coeur, môme à la main, et te demander de lui faire griller la queue de 80 mômes devant la cantine « parce que Gérard jouait dans la cour, et du coup il arrive plus tard que ses camarades, donc je le fais passer avant les autres pour qu’il puisse manger avec ses copains, ça ne vous ennuie pas ? » Oh non, pas du tout. Ca ne m’ennuie pas du tout, je ne vois aucun inconvénient à ce que vous vous arrogiez le droit de faire passer votre môme avant les autres alors que c’est moi qui gère la queue devant la cantine, ça ne m’ennuie pas du tout que votre fils (très mal élevé, au passage) grille tout le monde juste parce qu’au bout de six mois il n’a toujours pas pigé que la cantine, c’est de suite après avoir quitté la classe et pas quand bon lui semble, pas plus que je ne suis contrariée que vous ne preniez même pas la peine de faire semblant de me demander un service, juste pour que je ne me sente pas trop inutile. Mais bon, comme vous n’êtes déjà pas du genre à répondre aux pions qui vous saluent, ça ne m’étonne pas trop. (Bon, ça je me suis contentée de le penser, j’ai juste répondu « faites-le passer, de toutes façons vous ne vous attendez pas vraiment à être contredite » avec un sourire crispé)

Il arrive aussi fréquemment que le PSESE garde un oeil sur sa précieuse progéniture, ce qui lui permettra d’intervenir rapidement au premier pleurs (feint ou avéré) de PM (Précieux Môme), permettant par ce comportement même aux pions de ne pas avoir à faire leur travail, et de se voir reprocher par la suite par ce même PSESE de ne pas faire correctement leur boulot, parce que « enfin, vous trouvez ça normal que ce soit moi qui m’occupe de ça ? » (Non non, rassurez-vous, on ne trouve pas ça normal, on n’y est pour rien si vous ne dissociez pas vos fonctions maternelles et professionnelles)

Corrélativement, le PM est généralement insupportable, puisque les collègues de son parent salarié etc ressentent l’impérieuse nécessité de le distinguer de ses camarades, puisque c’est l’enfant du collègue et qu’il faut maintenir de bonnes relations avec celui-ci, maintien qui passe par un comportement similaire audit collègue. (À titre personnel, il s’agit là d’un comportement que je suis incapable d’adopter, d’autant que les gamins de collègues que j’ai vus en dehors du boulot m’ont plutôt donné envie d’effectuer certains actes que la décence m’interdit de préciser) (PARENTS DE TOUT PAYS, EDUQUEZ VOS GOSSES, ****** DE ****** DE ***** !)

Là je continuerais bien, mais rien que d’y penser j’ai les mains qui tremblent, le coeur qui palpite, la bouche déformée par une grimace rageuse et je sens la fièvre de la vengeance monter en moi. Or, je suis une personne douce, gentille, bonne, délicate et tendre (mais si, mais si), et ne souhaite point entacher cette image que vous avez de moi. Considérant ces raisons, je m’en vais donc m’arracher quelques poils (doucement, gentiment et tendrement, cela va de soi) et recoudre la fermeture de cette jupe explosée l’an dernier et que je suis censée porter demain. Portez-vous bien, et à lundi (ou dimanche soir) pour une nouvelle dose de champs de coquelicots dans lesquels je rêvasse poétiquement.

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4 réflexions sur “La fin du piège tabou à pions qui fait crac-boum-huuuuuu

  1. Ces parents sont vraiment insupportables ! Tu as de la patience en tout cas ! Bises et très bon week-end ! 🙂

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