Sous aucun prétexte il ne veut, avoir de réflex’euh malheureux … ♫

Ladies and gentlemen, après les parents d’élèves que je subis de par ma euh … profession, let me introduce you : les profs !

Le prof peut prendre différentes formes : par exemple, là où je travaille, il y a du prof sympa, qui te dit bonjour, te tient la porte si tu veux rentrer en salle des profs et que tu es juste derrière, et autres attentions. Mais bon, ce prof-là n’est clairement pas le plus intéressant puisque très peu sujet à la critique.

Le prof conscient de tes limites, lui, n’est pas mal : il sait pertinemment que tu n’es qu’un(e) petit(e) pion(ne) mal payé(e) et un peu inapte à la vie (logique, puisque tu n’es pas prof), et met donc un point d’honneur à vérifier que tu seras capable d’exécuter la tâche qu’il va te confier. Par exemple, il aura à coeur d’être sûr que oui, tu peux remettre ce carnet de correspondance au CPE pour qu’il colle l’élève propriétaire du carnet – parce qu’on ne sait pas, après tout, ça peut être au-delà de tes compétences ! Et tout le monde sait qu’un prof consciencieux est un bon prof. (Ah, ne le prends pas mal s’il te demande trois ou quatre fois si tu es bien sûre d’avoir tout compris dans la question « tu peux donner ça à la vie scolaire ? », c’est juste qu’il veut être sûr que son impolitesse n’est pas passée inaperçue et que tu ne te leurres pas sur l’étendue de tes compétences. C’est pour t’aider, en quelque sorte. Au cas où tu voudrais trop en rajouter dans tes acquis professionnels sur ton CV, par exemple.) (Oui oui on parle bien d’un prof qui n’a aucun diplôme de prof et n’est là que parce qu’il n’y avait personne d’autre de plus qualifié – voire de qualifié tout court, là, mais franchement j’vois pas le rapport)

Il arrive que le prof consciencieux soit aussi le prof un peu dans la lune : par exemple, il va toquer à la porte d’une salle, tu vas lui ouvrir la porte, il va passer et oublier de te remercier ou de te saluer – hé, il est prof, il a l’avenir de la Nââââtion (= des paquets de copies) entre ses mains, il ne va pas perdre de temps avec des salamalecs, t’allais pas non plus le laisser dehors, non plus ! (Il peut arriver que toi, obscur(e) petit(e) pion(ne) en ait un peu ras-le-bol et balance un sonore et retentissant « je vous en prie » à son adresse, auquel cas il se retournera d’un air surpris vers toi, prolétaire contestataire et revendicateur incapable de rester à sa place – derrière la porte à attendre que quelqu’un veuille entrer pour l’ouvrir, donc). Note que tu pourras prendre ta revanche lorsque tu seras au standard (là où tu reçois les appels de parents inquiets) et que tu seras la grande prêtresse de l’ouverture de la porte de l’établissement (dont la poignée est enlevée en journée), en laissant le prof consciencieux un peu dans la lune s’acharner contre ladite porte en la tirant, poussant, émettant de virils grognements bestiaux, n’ayant toujours pas pigé qu’il suffisait d’attendre que tu presses obligeamment le bouton commandant l’ouverture de la porte. Mais bon, il est prof, il a un peu autre chose à faire que de se préoccuper de basses contingences matérielles de ce type.

Il y a aussi le prof séducteur, mais pas trop : il saute sur tout ce qui bouge, mais ne se donne pas la peine de remarquer ton existence si tu ne glousses ni ne minaudes en sa présence – il ne va pas non plus se fouler, ho, il y a la queue à l’extérieur. Y’a pas d’temps à perdre en civilités, le temps c’est de l’argent, et les préservatifs ne s’achètent pas tous seuls.

Le prof sadique est à peu près aussi répandu que le prof séducteur : c’est celui qui te voit quitter la salle des profs avec ton chocolat chaud dans une main, un café pour ta collègue dans l’autre, la porte fermée en face de toi qui implique que tu libères une de tes mains pour ouvrir la porte, l’empêcher de se refermer en faisant un rempart de ton corps, jouer à l’équilibriste pour maintenir la porte suffisamment ouverte tout en te penchant pour récupérer le café posé sur la table la plus proche (donc à un bon mètre de la porte), te redresser sans rien renverser, repousser la porte d’un coup de fesse et sortir dignement (oui, c’est possible) (j’en suis toujours très fière), celui qui te voit faire tout ça, donc, et t’observe sans même bouger le petit doigts pour a) ouvrir la porte ou b) tenir un des deux gobelets et remplis (et beaucoup trop chauds). Attends, il est de l’Education Nationale, il ne va quand même pas faillir à sa réputation !

Et puis mon préféré, c’est le prof-seigneur – tu sais, celui qui croit sincèrement que tu es taillable et corvéable à merci ! Lui, il te voit plantée dans la cour à surveiller les mômes, il se dit que tu es encore en train de glander et que donc, il peut te filer du boulot – tiens, les élèves, là, tu pourrais les surveiller dans une salle ? Ah bon, tu es en poste, là, tu ne peux pas laisser la cour sans surveillance ? Ah mais ça ne l’arrange pas du tout, ça, il doit faire rattraper un devoir à des élèves et il a besoin qu’ils soient surveillés, tu ne voudrais vraiment pas commettre une faute professionnelle juste pour le dépanner ? Non ? Pffffff t’es vraiment pas arrangeante … C’est vrai, ça, on pleure parce qu’on est payés au lance-pierre, m’enfin on refuse de travailler plus pour gagner autant en prenant le risque de se faire virer … Le prolétariat, c’est vraiment plus c’que c’était.

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15 réflexions sur “Sous aucun prétexte il ne veut, avoir de réflex’euh malheureux … ♫

  1. ého !!!! enfin, d’abord bonjour miss 😀
    on n’est pas tous aussi prétentieux, puant d’orgueil, irrespectueux et détestable (même s’il est vrai qu’on a notre part de boulets et c’est bien dommage)
    y a des gens sympathiques aussi à l’éducation nationale, regarde moi 😉 !! je ne me prive jamais de commenter tes joyeux articles
    allez courage, plus très longtemps à devoir les supporter
    bises

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  2. Je ne sais pas comment tu fais pour les supporter ! On est loin de Robin Williams dans « La société des poètes disparus »… Bises

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    • Certains sont sympas, du coup ça compense un peu. L’ambiance au boulot n’est pas très bonne, on fait avec … Et puis on a plein de vacances pour décompresser ! 😀

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  3. Pfff, le problème, c’est qu’à moins d’être à son compte ou tout en haut de la hiérarchie, on est toujours le larbin de quelqu’un… et bien obligé des fois de ne rien dire (mais de ne pas en penser moins !).
    Heureusement qu’il reste les blogs pour se défouler !

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    • Je ne me considère pas comme un larbin, je fais mon boulot et je rends service à mes collègues sympas, les autres peuvent se brosser !

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  4. « il ne va pas non plus se fouler, ho, il y a la queue à l’extérieur. »
    Honnêtement, j’avais lu « il ne va pas non plus se fouler, ho, il a sa queue à l’extérieur. »

    Désolé je me suis ruinée toute seule l’article xD

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  5. J’avoue avoir eu un peu peur quand, dans le paragraphe sur le prof séducteur, tu évoques une « queue ». Heureusement qu’il s’agissait de celle de l’extérieur. Passke merde, quoi. Sortir sa biroute, comme ça, à l’improviste… Ca se fait pas ! Surtout à l’école.
    Désolé.

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