Les sanglots longs des violons de l’automne …

La première fois que j’ai entendu parler de Pied à Terre, c’était dans Bridget Jones : elle cuisinait un plat censé être tip top pour je ne sais plus quel dîner (celui de son anniversaire, je crois), et dans la cuisine elle mettait de la purée partout, au point de rebaptiser ses Pied à Terre ses Pied à Pomme-de-Terre (et ça me fait toujours autant rire).

Bref.

Tout ça pour vous dire que suite à un complot diaboliquement diabolique, j’ai commandé une paire de merveilleuses et sublimes Mary-Jane de chez Pied à Terre (11,5 cm de talons tout de même).

(Tu vas en bouffer, de l'armoire à mignonnettes en photo, c'est moi qui te le dis) (Et je serais toi, je me croirais)

Reçues mardi.

Exaltation, émoi, larmes de bonheur et sourire de sainte en extase, tout ça tout ça.

La hauteur de talons est passée comme une lettre à la poste, en revanche les talons en eux-mêmes avaient des défauts, et la bride sur l’avant me saucissonnait le peton dans les règles de l’art (et puis le cuir était déjà usé ou je ne sais quoi à plusieurs endroits) (expression de sainte martyrisée, émoi, larmes de douleur et tout et tout).

C’est là que j’ai compris : j’aurais du faire confiance aux signes.

Qué signes, te demandes-tu d’un air dubitatif, te grattant la tête et fronçant tes sourcils ?

Viens, je vais tout bien t’expliquer.

Déjà, j’ai commandé ces traîtresses merveilles un 1er avril. Non mais un 1er avril, quoi, ç’aurait du me mettre la puce à l’oreille, non ?

Tu le vois, le signe ? Tu le vois, dis ?

Ensuite, tandis que je lambinais sur Twitter sur le thème « je les prends, je ne les prends pas ? Grand chelem du jeûne chaussuresque ou coup de folie à -50% tout à fait raisonnable pour du tout cuir ? », eh bien … j’ai un peu honte de l’avouer … eh bien, je bats ma coulpe, mais j’ai fait cramer les merguez qui devaient constituer notre déjeuner, aux frangins dont j’avais la garde en l’absence des parents et à moi (haaaa, ce petit goût d’interdit qu’a le shopping dans le dos des parents !). Mais bon, ils ont l’habitude, je n’ai jamais réussi à décongeler les crêpes surgelées sans les faire cramer. Alors des merguez, ma foi …

Et enfin, last but not least, j’ai reçu LE signe, celui qui aurait du me faire refermer mon ordinateur, coeur battant et mains moites, un peu l’équivalent d’un éclair que Jupiter aurait envoyé sur la Livebox pour m’empêcher de passer commande : mon adresse ne passait pas sur le site.

(EDIT : on me demande de la photo de talon, voilà)

Et pourtant, je me suis obstinée. J’ai pesté et mouliné des bras, ouvert et refermé la bouteille de Javel, et j’ai réussi à faire passer mon adresse sous la forme « Mlle Anna E., 28 chemin du Tupperware qui contient le Milka, 67 000 Strasbourg, Alsace, 67 000, France ». J’étais trop fière tu vois, genre je suis trop une aventurière du net, je fais le Koh-Lanta de la chaussure, tu peux pas comprendre.

(Après j’ai culpabilisé parce que je vieillis suis devenue raisonnable, puis j’ai décidé de me rebeller contre le système mais d’en profiter quand même un peu parce que bon, ça va bien de rigoler deux minutes mais faudrait pas abuser non plus, puis j’ai déculpabilisé, puis je me suis mise à attendre.)

Et encore après j’ai perdu mes illusions, j’ai pleuré, sangloté, tapé du pied, je me suis roulée par terre, j’ai préparé quelques pétitions intitulées « pénalisation de la déception chaussuresque » à l’intention des candidats à la présidentielle (il serait tout de même temps de se recentrer sur les vrais sujets essentiels), mais ça tu t’en doutes puisque j’ai tué le suspense vers la dixième ligne.

Voilà.

C’est l’histoire de ma vie.

Poireauter pour un parapluie moche, attendre désespérément des chaussettes, devoir renvoyer de jolies chaussures pour une histoire de merguez et de karma.

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8 réflexions sur “Les sanglots longs des violons de l’automne …

  1. C’est drôle que tu parles de signes, car j’y crois un peu…Dommage qu’elles ne soient pas arrivées en bel état. J’espère que tu auras plus de chance la prochaine fois. Les achats par Internet sont parfois décevants. Quand je me commande un vêtement, il ne me va jamais… Bises

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    • Disons que j’y crois un peu aussi, mais pas de là à n’agir qu’en fonction de ce que je « crois » être des signes.
      Et j’enchaîne les déconvenues avec le shopping en ligne, ça m’ennuie mais bon … Tant mieux pour mon compte en banque ! (Enfin quand même, flûte à la fin !)
      Bises 🙂

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  2. Elle est trop triste ton histoire, snif… petite larme sur ma joue !
    Cela dit, je ne me souviens absolument pas de la purée de Bridget, ce qui m’a marqué, moi, c’est la soupe bleue !
    Et sinon, pour éviter d’être déçue, le mieux c’est de ne pas acheter sur internet mais directement en ville. Tiens, d’ailleurs, je sais ce que je vais faire cet aprèm’ !

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  3. Awwww, ça brise le coeur. Mais ton compte en banque va être renflouée. Et tu pourras craquer pour une paire encore plusse mieux (ouais, ça s’dit). Oui, il existe des chaussures plus jolies. Celles-ci n’étaient pas faites pour toi, meuf.

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