Ces jours où je ferais mieux de rester couchée

Dimanche 

18:00 : l’ampoule de ma chambre claque, et il n’y en a évidemment plus une seule de rechange à la maison. Tant pis, ça attendra demain.

Lundi
7:20 : j’ai loupé mon réveil, youpitralala !
8:14 : départ en catastrophe de la maison, à la bourre. Demi-tour express, je suis partie sans ma veste de tailleur et ça pourrait me valoir une exclusion de cours. Pas que ça me gênerait, remarquez, mais ça m’enquiquinerait quand même pas mal de m’être levée pour rien.
8:58 : arrivée en fanfare en cuisine pour le cours de 9h, ouf. B. me demande de remplir un seau de produit de nettoyage, j’y vais, prends le jet, et m’asperge consciencieusement le visage de produit détergent-désinfectant. Ahem.

singe mouillé

19:00 : je suis allée acheter des ampoules, je suis debout sur mon lit à visser visser visser. Ca ne marche pas, alors j’essaye dans l’autre sens ; je visse je visse je visse, toujours rien. J’examine l’ampoule, j’essaye d’y voir quelque chose dans ce lustre Ikéa rond en papier que tout le monde a et qui n’en est pas plus pratique, je revisse je revisse je revisse, toujours rien.
19:10 : je finis par descendre de mon perchoir, compare l’ampoule neuve et l’ancienne, pour m’apercevoir que bah oui, c’est normal que mon vissage compulsif ne produise rien, j’ai acheté une ampoule à petit culot alors qu’il m’en fallait une à gros culot. Bon.

Mardi
7:00 : ma lampe de chevet étant nettement insuffisante pour éclairer toute ma chambre, je m’habille presque littéralement dans le noir.
7:12 : ah tiens, ma veste de tailleur a quatre boutons ? C’est marrant, il me semblait qu’elle n’en avait que deux … Pfiou, je suis vraiment HS pour en arriver à ne plus savoir compter les boutons, moi !
9:00 : ah bah en fait, si deux boutons ont poussé sur ma veste pendant la nuit, c’est juste parce que je me suis trompée de veste. Hum.

Soutien gorge bandeau

Et aussi :

- quand j’arrive à perdre la clef de la voiture entre le moment où je coupe le contact, démonte le GPS, le range, et veux sortir de la voiture ;

- quand je me balade la braguette ouverte, parce que sur les tailleurs la braguette se ferme par la gauche alors que sur mes jeans c’est par la droite, et donc quand je suis fatiguée et que je passe la main sur la braguette pour voir si elle est fermée, je la passe à droite au lieu d’à gauche sans me rappeler du changement de pantalon. Pantalon de tailleur, de service, de cuisine : aucun n’y échappe, parce que j’aime être élégante et raffinée en toutes circonstances ; Squelette douche

- quand je casse ma nouvelle agrafeuse qui attendait des agrafes depuis trois mois à la deuxième, et donc seconde utilisation ;

- quand à la question "quelle catégorie de fruits utiliseriez-vous pour une tarte aux fraises ?", je réponds laborieusement "des fruits rouges, pour une complémentarité des saveurs et des couleurs", alors qu’en fait, il fallait dire qu’on va utiliser des fruits de catégorie extra ou I, parce que sinon ils sont moches et aucun client ne nous achètera la tarte ;

Auto high five

- quand au volant, je beugle un "MAIS PUTAIN MAIS IL AVANCE, OUI OU MERDE ? ON VA PAS Y PASSER TOUTE LA NUIT, LÀ, MAIS AVANCE DUCON, AVANCE ! ROUUUUULE, PUTAIN, ROUUUUUULE !!!!!!!", et que la copine assise à côté me fait "mais tu sais, le feu vert c’est à côté, pour nous c’est rouge, c’est pour ça que les voitures devant n’avancent pas" (oui, bon, hum) ;

- quand j’entends mon frère, au téléphone avec Mamie Figatellu, répéter plusieurs fois "Bakou", et que je m’interroge sur le rapport entre notre grand-mère corse et l’Azerbaïdjan, alors qu’en fait il parlait de compagnies aériennes à bas coût ;

- quand j’enfile mes jolies chaussures de service, que je dois forcer pour y entrer mes pieds et que je me dis "holala pfffff j’ai déjà les pieds qui ont gonflé, pfffff sale journée, oh mais en plus elles sont devenues inconfortables, mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?" alors que bon, la vérité c’est juste que j’ai mis la chaussure droite au pied gauche, et inversement ;

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- quand je cherche frénétiquement mon téléphone, quand même c’est pas possible que je l’aie perdu alors que je n’ai pas bougé de mon lit (et qu’en fait, c’est normal que je ne le trouve pas, vu que je suis assise dessus) ;

- quand je me dis que non, vraiment, la doublure de ma veste tombe en lambeaux, c’est pas possible de sortir comme ça, et que je décide donc de la découper. Sauf que ça ne se passe pas franchement comme prévu, que je suis à la bourre, et que mes deux autres vestes de tailleur sont soit en train de tourner dans la machine à laver, soit au pressing, et que du coup je file en cours en priant pour que personne ne me demande d’enlever ma veste pour une raison X ou Y …

.

Trois jours.

Il me reste trois jours à tenir.

Et après, je dor… Ah, non.

Après, y’a Mamie Figatellu* pour une semaine.

Chat Facepalm

* Celle-la même qui m’a expliqué que je suis courte sur pattes avec de grosses cuisses flasques, vous vous souvenez ?

Je suis venue, j’ai vu, j’ai survécu.

Et croyez-moi, c’était loin d’être gagné d’avance.

Mais bon ça y est, c’est fait, j’ai passé cette Grande Epreuve d’Immunité Des Gens Qui Ont Vécu Des Choses Dans La Vie Et En Ont Encore Le Regard Hanté, j’ai cherché et trouvé un logement à Paris.

Supporter ukrainien

Donc, pour en arriver là, j’ai cherché un logement.

À Paris.

Pour quatre mois.

Dont les mois d’été.

Et bon, franchement, ce n’était pas si terrible que ça.

Je veux dire, on m’avait dit "holala ma pauvre, bon courage" et tout et tout avec l’air de dire que si je m’en sortais avec 15 ans de psychanalyse et un stress post-traumatique je pourrais me considérer comme chanceuse alors que bon, de vous à moi, j’ai eu le premier studio pour lequel j’avais envoyé un mail.

Proud Beyonce

Certes, il y a bien eu cette offre de colocation avec une seule chambre et un seul lit ("couples non acceptés"), ou cette autre offre de coloc’, constituée d’un canapé dans le salon avec les visites du chat (500€ par mois), qui ont toutes deux fait hausser mes sourcils de provinciale.

Certes, j’ai bien refusé un studio de 11m2, dans lequel je me voyais un peu comme ça :

Chat gaine classeur

et j’ai aussi refusé un studio à 1 000€ par mois sans contrat de bail (cent balles et un Mars, aussi ?), j’ai loupé un 20m2 aux Buttes-Chaumont avec un lave-linge, j’ai appris qu’un studio pour lequel j’avais envoyé un mail était loué depuis pfffff au moins deux semaines, franchement Mademoiselle quelle idée de ne pas savoir qu’une annonce n’est plus valable quand rien ne l’indique, et il y a bien eu tous ces propriétaires qui ont du avoir un air effaré en apprenant que je ne voulais louer que pour quatre mois et à partir de début mai et qui m’ont dit de rappeler fin avril, et j’ai eu un peu peur pour mon coeur en voyant les honoraires de certaines agences (toujours cette sale manie de vivre en province), mais bon.

Remarquez, je n’avais pas trop la pression, vu que Papa Spaghetti m’avait promis de me financer une tente Quechua – mais pas n’importe laquelle, hein, UNE TROIS PLACES ! Rien que ça ! Et même que Grédéric m’avait dit qu’il me prêterait son réchaud. Alors bon, comment craindre les propriétaires parisiens quand on a un tel filet de sécurité ?

Lama qui parade

Et puis il y a aussi eu cette résidence étudiante dans le 19e, mais qui présentait les gros inconvénients d’être chère, et d’avoir une salle de sport en libre accès. Enfin, heureusement pour moi, mon dossier de candidature s’est *hum* perdu en *hum* cours de route, la Poste n’est *hum* vraiment plus ce qu’elle n’a jamais été.

Et puis j’ai envoyé plein plein de mails qui sont restés sans réponse (au moins quatre ou cinq, vous ne vous rendez pas compte), alors qu’en fait, j’aurais aussi bien pu envoyer le premier mail et jouer à la belote au lieu d’écumer par acquis de conscience les sites pour se loger, mais bon que voulez-vous, la vie est souvent cruelle pour les innocents et ce n’est pas demain que ça va changer.

Je ne vous cache pas que du coup, je me sens un peu flouée, comme si on m’avait refusé un rite initiatique sans aucune raison valable. Surtout que plein de gens m’avaient dit d’un air condescendant que humpf, j’avais intérêt à avoir un réseau d’enfer, sinon j’allais galérer puissance 10 000 mais le réseau, mon réseau, MON RÉSEAU ALLAIT ME SAUVER LA VIE.

Gentille rouge à lèvres

(Enfin il y a quand même eu des gens gentils qui ont essayé de m’aider et qui liront peut-être ça, alors si c’est le cas, je vous en fais solennellement la promesse ici : pour vous renvoyer l’ascenseur, je vous le dirai si un jour vous avez du rouge à lèvres sur les dents. Voilà.)

Bon alors, petit tuyau de vous à moi (mais alors, vraiment parce que c’est vous, et vraiment parce que c’est moi), mon réseau s’appelle Orange, et effectivement sans lui, je n’aurais jamais trouvé de logement.

Le réseau, les gens, le réseau. D’accord ?

Moi, ma vie, mon Oeuvre -6-

Maintenant que voici venu le temps d’émettre ses voeux d’orientation sur Admission Post Bac, je me suis trouvée face à un léger souci – c’est que voyez-vous, APB a décrété que je n’étais pas inscrite dans ma classe dans mon lycée, et que donc je ne pouvais pas émettre de voeux.

Du coup j’ai décrété que je ne me lèverais plus pour aller en cours tant que le problème ne serait pas résolu, sauf que c’était pendant les vacances, du coup j’ai un peu raté mon effet. Et puis aujourd’hui j’ai du aller voir la proviseure adjointe, qui est loin d’être la soeur de Mimi Mathy quand il s’agit d’être joviale, et évidemment elle m’a inscrite du premier coup, sans aucun problème ni rien.

Sinon cet aprèm j’ai pris un Coca à la terrasse du McDo en essayant de faire mon allemand tellement il faisait bon, et comme j’essaye de faire des économies avant Paris (oui ! Je pars en stage à Paris ! Quatre mois ! Dans un hôtel de luxe ! Avec tout plein d’étoiles ! Et de gens très très riches qui vivent dans le quartier !), j’ai acheté ça :

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parce que bon, se précipiter à deux dans une librairie juste avant sa fermeture parce qu’on a oublié d’acheter ça :

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c’est quand même pas hyper hyper glamour. Et puis de toutes façons, je ne sais pas résister à l’Art Déco.

Bon sinon j’ai pas grand chose à vous raconter, vu que j’en ai pas fichu une rame pendant les vacances (au point de ne pas acheter ce truc verdâtre pour la prof de gestion, donc), trop occupée que j’étais à être malade et à m’effarer de ce que les gens osent proposer à la location à Paris.

Ah si, pardon : hier j’ai acheté un disque dur externe parce que mon MacBook joue encore avec mes nerfs, et je confesse ces deux achats :

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La broche vient d’une très chouette boutique de broches, je serais vous j’irais y faire un tour.

C’est tout pour le moment.

(Ca fait déjà pas mal pour quelqu’un qui veut faire des économies, oui je sais.)

Ah non pardon, ce n’est pas tout, Grédéric a trouvé la force de m’envoyer un texto pour me dire qu’il est HS. C’est un homme donc forcément, il est fatigué donc il va mourir, houlala il a déjà un pied dans la tombe et l’autre est sur une peau de banane, houlala dites donc ça pourrait bien être son dernier texto – enfin bon, comme le disait Papa Spaghetti quand il me forçait à courir, "tant que tu peux chouiner, tu peux souffrir !".

Non mais.

(Vous avez vu ? Je ne me plains pas, moi.)

("Hé ben c’est bien, continue comme ça !" (c) Papa Spaghetti)

Les non (encore) chroniqués -1-

Je suis venue, j’ai lu, j’ai pas blogu. C’est donc rongée par les remords et consumée par la honte à la seule pensée de mon forfait que je reviens vers vous, la tête basse, vous livrer mes impressions sur quatre (pour l’instant) (y’en a d’autres dans les tuyaux) romans lus il y a plus ou moins longtemps, mais pas avant mai ou juin 2013, promis juré craché.

Image 13Charivari, Nancy Mitford ★★★★★
"Remuante héritière de la plus grosse fortune d’Angleterre, Eugenia milite ardemment pour le parti fasciste de l’Union Jackshirts. Dans son sillage : deux dandies courant la dot, une duchesse en fuite, une lady cocue et une bourgeoise fantasque. Entre harangues politiques et garden-parties, grand amour ou mariage d’intérêt, chacun devra tirer son épingle de cet effarant jeu de dupes."

 => J’ai bien aimé, pas mal gloussé et rigolé, même si le fond est plutôt sérieux, puisqu’il s’agit de la montée du fascisme en Angleterre. (Sachant que l’une des soeurs de Nancy Mitford, Diana, épousa l’année suivant la publication de Charivari Sir Edward Mosley, chef de file des fascistes britanniques … Ambiance ambiance.) Beaucoup de critique sociale, d’humour, de mordant, et de personnages dont on préfère rire que pleurer dans cet excellent petit livre.

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le-mec-de-la-tombe-dc3a0-cc3b4tc3a9Le mec de la tombe d’à côté, Katarina Mazetti ★★★
"Désirée, [...], bibliothécaire et citadine, vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’œil de la stèle qu’il fleurit assidûment.
Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. [...] . Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.
Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis… C’est le début d’une passion dévorante."

=> C’est pas mal, hein, mais je ne comprends pas trop l’engouement suscité par ce bouquin. Parfois c’est assez drôle, et parfois je me suis juste demandé "mais l’auteur, elle est sérieuse, là ?". Bref, y’a pire, mais y’a mieux.

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51R8D65R88L._SY300_Trafic de haut vol, Kerry Greenwood ★★★★★
"Avec son style inimitable, ses manières de garçonne et son charme espiègle, Phryne Fisher est devenue la coqueluche du Tout-Melbourne des années 20. La détective attitrée de la haute société locale se voit même confier coup sur coup deux nouvelles affaires : éclaircir les circonstances de la mort d’un homme dont les violentes disputes avec son fils étaient de notoriété publique, et retrouver les ravisseurs d’une petite fille avant qu’ils ne disparaissent avec la rançon."

=> Mihihiiiii, Miss Fisher ♥♥♥ What else ? C’est bien mené, enlevé, Phryne est toujours la plus badass des héroïnes et sait tout faire, mais c’est pour ça qu’on l’aime !

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temps_innocenceLe temps de l’innocence, Edith Wharton ★★★
"Dans le New York flamboyant de la fin du XIXe siècle, Newland Archer est un jeune homme de la haute bourgeoisie. Promis à un brillant avenir, il est sur le point d’annoncer ses fiançailles avec May Welland. Mais l’apparition de la scandaleuse comtesse Olenska, la cousine de May, qui a eu l’audace de quitter son mari, va bouleverser sa vie."

=> J’aime bien Edith Wharton, qui n’y va pas de main morte quand il s’agit de critiquer la bonne société américaine. Mais j’ai trouvé le temps un peu long pendant ma lecture, j’ai trouvé (oui, j’ai trouvé beaucoup de choses) le roman un peu trop contemplatif, trop "moi, mes états d’âme, mon nombril, ma souffrââââââânnnnce". Il ne s’y passe finalement pas grand chose, et en le refermant j’ai surtout pensé "ouais, bon, tout ça pour ça, quoi". (Remarquez, la critique était peut-être trop subtile pour moi) (mais bon)

Chagrin de chaussure dure toute la vie

Alors voilà.

Il y a de cela … pfouf, peut-être un an,

It's been 84 years

Oui ho ça va, hein.

Donc, je disais : il y a peut-être … pfouf, un an, je suis tombée en amour devant une paire de chaussures sur Ebay. Rouges, à talons hauts, un petit noeud, bref, j’étais amoureuse. Evidemment, j’ai voulu être raisonnable ; évidemment, quand je me suis décidée à les acheter, elles l’avaient été par quelqu’un d’autre. MAIS ! Peu de temps après, voilà la paire qui resurgit du fond de la nuit, et court vers l’aventure au galop ! Sauf que bien sûr, hein, EVIDEMMENT, mon enchère n’a pas été prise en compte parce que le vendeur n’acceptait que les enchérisseurs venant du Royaume-Uni. (Dire que je me suis tapé quarante-douze heures de cours sur la liberté de circulation des marchandises au sein de l’UE … HAHAHA) (Encore une raison de m’expatrier à Londres, tiens)

Image 14Vous comprenez ce que je veux dire ? (Photo d’Ebay)

Bref.

Encore un peu après (j’ai validé mon M1, donc le temps que j’ai pu passer sur Internet ne compte pas), j’ai trouvé les mêmes chaussures, toujours dans ma pointure, mais en beige. Du coup, maligne comme je suis, je me suis dit "héhé, suffit de les teindre en rouge, et hop !", et j’ai remporté l’enchère (eh ouais).

Image 19Avouez que c’était pas la folle ambiance.

Je les ai reçues, je les ai admirées (ou plutôt, j’ai admiré ce qu’elles allaient devenir), et Maman Spaghetti a fait "mouais nan, elles seront jamais rouges, ça rendra plutôt corail" (sérieux, M’man, j’ai dit "je vais les teindre en rouge", pas "penses-tu que je puisse les teindre en rouge ?" alors bon, ta petite tentative de sabotage de moral, là, je m’en serai bien passée) (non mais sans déc’) (vous faites des gosses pour les détruire psychologiquement, vous ?), je les ai apportées chez le cordonnier pour lui demander s’il fallait suivre une procédure particulière à cause de la texture suédée, et là il a fait :

- Ah non, en rouge ce sera pas possible.
- Mais pourquoi ?
- Je peux vous les teindre qu’en noir, pas en rouge.
- Mais c’est à cause de la couleur de départ ? Ou de la texture ?
- J’peux pas vous les faire en rouge.

Gneuh.

Aaaaaaargh

Evidemment, après six ans de fac, je suis plus qu’atteinte du syndrome "pousse-toi, je suis j’étais en droit", aussi ai-je décidé de mettre les mains dans le cambouis. J’ai déniché une droguerie au centre ville, et y suis allée demander de la teinture rouge pour chaussures suédées beige au départ. Là, la vendeuse m’a dit "ah non j’ai pas ça, Saphir n’en fait plus mais vous pouvez voir si d’autres marques font de la teinture rouge".

BON.

Du coup, j’ai pris le lustrant rouge acheté chez le cordonnier il y a quelque chose comme trois ans ("Tu sais que du cirage, c’est pas de la teinture ?" m’a demandé N.; "MAIS DE QUEL CÔTÉ ES-TU ?", lui ai-je demandé en réponse, d’un ton indigné), et j’y suis allée joyeusement avec un applicateur en mousse – vous savez, les trucs dont on se servait pour mettre du fard à paupière avant que les blogueuses beauté ne débarquent pour nous expliquer qu’on avait impérativement besoin de douze pinceaux en poil de yak nourri exclusivement d’éclairs de chez Fauchon etc.

Et j’ai tartiné, tartiné, tartiné, tout en me répétant que je devais sans doute être en train de faire une belle connerie, que je sacrifiais une paire sublime qui n’aurait finalement pas été si mal en noir, et est-ce que je n’aurais pas du acheter un produit dont je n’aurais probablement pas su me servir sur Internet ?

Mais bon, j’avais déjà commencé le massacre, donc j’ai continué, tout en me disant que jamais je ne pourrais apporter cette paire chez mon cordonnier habituel, JA-MAIS. D’ailleurs, je ne suis même pas sûre de pouvoir recroiser son regard un jour.

Et donc, je me suis retrouvée avec des chaussures rouges (HA !), mais … Hem … Visiblement déshydratées (le cuir a morflé, quoi), et plus plâtrées de rouge que teintées en rouge.

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Du coup je les ai badigeonnées de fluide hydratant Etat Pur, mais ça ne suffisait pas donc j’ai sorti l’artillerie lourde : un échantillon de crème hydratante Sisley (c’est pas du dévouement, c’est juste que je déteste l’odeur).

Et euh …

Ca n’a pas eu l’air de suffire.

Du coup j’ai hésité à les enduire de Cold Cream d’Avène, mais je me suis dit que j’allais arrêter là les expériences avant de me retrouver avec les services sociaux sur le dos, et je les ai tartinées de cirage.

Eh euh …

Ca n’a pas eu l’air de suffire.

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Du coup, j’avais de jolies chaussures rouges.

Que je n’osais pas porter.

Mais rouges.

Donc, j’ai décidé de me comporter en adulte responsable, et je suis allée voir un cordonnier.

Naaaaan, j’déconne.

J’ai juste acheté deux-trois trucs pour essayer de ravoir mes chaussures, et en avant pour du dé-cirage à l’huile de coude, du shampooinage, et du bombage d’escarpin.

En théorie.

Parce que la vérité vraie, c’est que je n’ai jamais réussi à ravoir ces chaussures.

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Et qu’au bout de six mois (oui quand même, oui), je les ai balancées.

Mais c’est pas trop grave, vous savez.

Je veux dire, entre temps j’avais retrouvé et racheté les mêmes en noir.

Image 42Un jour, Vogue louera mon balcon pour un shooting, vous savez.

(Du coup, si jamais vous avez cette paire en rouge* et en 40 et que vous voulez faire une heureuse …)

* Ou même en bleu marine**

** Ou en vert foncé, aussi***.

*** Je ne suis pas très difficile, en fait****.

**** Mais je les aimerais quand même mieux d’abord en rouge.